Ahmed Bensaada évoque les auteurs néocolonisés

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Ahmed Bensaada, est docteur en physique,  est diplômé de l’université de Montréal est chercheur et auteur. Ses  ouvrages ont suscité l’intérêt non seulement en Algérie mais aussi en dehors des frontières. Nous l’avons rencontré à Oran et il a bien voulu s’exprimer sur nos colonnes.

Algerietouteheure : Vous avez surpris vos lectrices et lecteurs, à travers un conte pédagogique, que vous avez présenté à la dernière édition du Sila ?

Ahmed Bensaada : le conte  « Tiski » a suscité un intérêt certain auprès des visiteurs du SILA , même si l’engouement n’était pas de la même envergure  que mon dernier ouvrage « Arabesque$ ».

Algerietouteheure : Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à opter pour le conte pédagogique ?

Ahmed Bensaada : Je tenais à interpeller l’imagination des jeunes et moins jeunes sur le rôle important que joue l’éducation en matière de promotion de nos valeurs ancestrales. Nos parents et grands-parents nous racontaient des histoires pour nous inculquer les vertus du bien et le drame du mal. Ce procédé peut bien fonctionner dans l’enseignement, et, chez nous, il peut bien propulser notre culture, histoire et patrimoine. Les contes  peuvent être des outils pédagogiques de premier ordre, pour promouvoir la cohésion sociale, la citoyenneté, le respect de soi et le respect de l’autrui.

Algerietouteheure : Dans vos derniers articles, vous avez ouvertement attaqué certains auteurs, les accusant de néocolonisés ?

Ahmed Bensaada : Oui, je persiste et je signe, je n’ai rien contre les personnes, mais contre ces auteurs qui rabaissent l’Algérie et son peuple pour faire plaisir aux anciens colons. Je dirais que  certains ouvrages des Kamel Daoud, Yasmina Khadra, Boualem Salsal et Anouar Benmalek, sont destinés à une catégorie bien déterminée de lecteurs, mais pas aux  Algériens, c’est pour cela que toutes les portes sont grandes ouvertes en France et ailleurs. Imaginez que quelqu’un écrive actuellement un livre comme «  Le fils du pauvre », personne ne s’y intéresserait à part les  Algériens du bled, parce qu’il parle de leurs souffrances et de leurs espérances. Certains ouvrages des Kamel Daoud, Boualem Salsal et Yasmina Khadra travaillent pour un agenda qui ne sert que les objectifs de l’ancien colon. Yasmina Khadra focalisait l’attention parce qu’il est nostalgique de la colonisation, au même titre que Kamel Daoud parrainé par les BHL et  consorts  Sur ce plan, je dirais que le colonialisme est une histoire de haine et non d’amour. La colonisation, c’est l’institutionnalisation de la ségrégation raciale.  On ne parlerait pas autant de ces auteurs  s’ils ne s’attaquaient pas de la sorte  à l’Algérie, à l’Islam, où  au peuple algérien.

Aujourd’hui,  pourquoi Kamel Daoud  n’écrit-il pas sur le violeur de Hollywood, comme il l’avait fait  avec les réfugiés de Cologne  (Allemagne)?  Pourquoi n’a-t-il pas  dénoncé Charlie Hebdo, au sujet du petit Aylan Kurdi, que le très controversé journal français l’accusait d’être un violeur en puissance, même mort, sans aucune déontologie ou respect humain?

algerietouteheure: Certains milieux tentent d’introniser Albert Camus, en tant que défenseur de l’Algérie ?

Ahmed Bensaada : Comme je l’ai dit il y a quelques  années » « Albert Camus était algérien, mais jusqu’au 5 juillet 1962 » ; je persiste encore pour dire,  qu’il a défendu l’entité sioniste comme il l’a si bien dit dans un enregistrement audio  datant de  1958, , alors que  pour l’Algérie, il avait déclaré que s’il avait à  choisir entre la justice et sa mère,  il choisirait  sa mère, une réponse pleine de sens, pour les réticents et les sceptiques. En 2010, une caravane le glorifiant a failli être organisée par une cellule de néocolonisés. La même initiative vient d’être reprise par l’ONAT, ce que je considère scandaleux et une atteinte à la mémoire des sacrifices de nos glorieux martyrs et moudjahidines.

Algerietouteheure: La polémiste Djemila Benhabib, revient sur scène dans la foulée de sa nomination comme enseignante de religion, à l’université  Laval, à Québec  (Canada) ?

Ahmed Bensaada : C’est scandaleux et incompréhensible, une diplômée d’un simple DES en physique enseigne l’Islam    dans une université canadienne! On a l’impression que le Canada est devenu une république bananière.
Je n’arrive d’ailleurs pas à trouver les  raisons qui motivent la nomination d’une personne qui s’est tout le temps attaquée  à l’Islam, se voir offrir un poste pour l’enseigner.
Dans le même contexte, je dirais, qu’avant 2007 (et les accommodements raisonnables), nous étions fiers de vivre dans ce pays hospitalier et accueillant, mais depuis nous assistons à la montée de l’islamophobie, dont les instruments sont des personnes telles que les Djemila Benhabib et les médias-poubelle.

Algerietouteheure : Vous avez crié au complot, dès 2011, avec l’avènement de ce qui a été appelé » « printemps arabe ». Aujourd’hui, le temps vous a donné raison ?

Ahmed Bensaada :Le «  Printemps arabe » visait à démanteler les Etats-nations arabes  dont l’Algérie. Les américains ont utilisé  certaines ONG, comme le NDI, l’IRI, l’USAID et Freedom House, financées par l’administration américaine et l’OSI,  propriété du richissime spéculateur financier George Soros, dans le but de semer le chaos dans de nombreux pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord). Cela rentrait dans le cadre d’un plan de remodelage du « Grand Moyen-Orient ». Pour rappel, ce plan avait d’abord été théorisé par Israël avant d’être parrainé par les États-Unis.