Ahmed Ouyahia et la mise à mort programmée de l’économie algérienne

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Les médias algériens focalisent depuis l’annonce par la télévision publique, de la convocation de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia et du ministre des Finances et ancien Gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal, par le Tribunal de Sidi M’hamed à Alger, sur le non -respect de l’article 573 (Loi n° 90-24 du 18 août 1990)
« Lorsqu’un membre du Gou¬vernement, un magistrat de la cour suprême, un wali, un président de Cour ou un procureur général près une Cour, est susceptible d’être in¬culpé d’un crime ou d’un délit commis dans l’exercice ou par l’exercice de ses fonctions, le procu¬reur de la République saisi de l’affaire, transmet le dossier, par voie hiérarchique, au procureur gé¬néral près la Cour suprême qui dési¬gne un membre de la Cour suprême aux fins de procéder à une informa¬tion.
Dans tous les cas visés au présent article, le magistrat ainsi désigné pour instruire, procède dans les for¬mes et conditions prévues par le code de procédure pénale, pour l’instruction préparatoire des infrac¬tions, sous réserve des dispositions de l’article 574 ci-dessous.
Art. 574– (Loi n° 85-02 du 26 jan¬vier 1985). Dans les cas visés à l’article 573 ci-dessus, les attribu¬tions de la chambre d’accusation sont dévolues à une formation de la cour suprême, dont la composition est fixée conformément à l’article 176 du présent code, les attributions du ministère public sont exercées par le procureur général près la Cour suprême.
(Loi n° 90-24 du 18 août 1990). Lorsque l’instruction est terminée, le magistrat instructeur rend, suivant le cas, une ordonnance de non-lieu ou transmet le dossier dans les condi¬tions ci-après :
1. (Loi n° 90-24 du 18 août 1990). Dans le cas d’un délit, l’inculpé est renvoyé devant la juri-diction compétente, à l’exception de celles dans le ressort de laquelle l’inculpé exerçait ses missions.
2. Dans le cas d’un crime, le dossier est transmis au procureur général près la Cour suprême, lequel saisit la formation de la Cour su¬prême visée à l’alinéa premier, pour la finali¬sation de l’information. Cette dernière peut soit rendre un ar¬rêt de non-lieu, soit renvoyer l’inculpé devant la juridiction com¬pétente, à l’exception de celle dans le ressort de laquelle l’inculpé exer¬çait ses missions.
SI le parquet de Sidi M’Hamed n’a pas respecté le code de procédure pénale, il n’en demeure que les yeux devraient être braqués sur la période ou Ahmed Ouyahia ait à diriger 10 gouvernements de 1995 à 2019, sous les pouvoirs des présidents Zeroual et Bouteflika.
Les plans diaboliques
Nommée Chef du Gouvernement le 31 décembre 1995, sous la présidence de Zeroual, Ahmed Ouyahia mettra en œuvre le plan du démantèlement du tissu économique édifié depuis le recouvrement de l’indépendance, sur injonction des instances financières internationales de Bretton Woods, dont le FMI, au profit des lords de la décennie noire et des lobbys de l’économie de bazar et de l’import-import, causant la compression de dizaines de milliers de travailleurs algériens, forcés au chômage et la précarité.
Cette période sera marquée par la célèbre opération initiée par Ouyahia appelée » opération mains propres » marquée par l’emprisonnement de cadres qui s’opposaient généralement à la politique économique préconisée par le Chef de l’Exécutif.
Sa nomination comme ministre de la Justice durant le premier mandat du président Bouteflika, ne changèrent en rien les choses, puisque certains magistrats impliqués et cités dans des affaires de détournements de deniers publics, et des prédations de foncier, notamment agricole via la fameuse loi 19/87, ne fussent jamais inquiétés. Son retour aux affaires comme chef du gouvernement après le limogeage d’Ali Benflis, en changèrent en rien à l’amélioration de la situation économique du pays. Les yeux de nos responsables ont été braqués uniquement sur cette embellie financière, résultat de hausse des prix de pétrole, et de cette TPE, intronisée par l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil, à contrecœur de certains décideurs et cadres économiques inféodés à la France, et qui se positionnaient contre toute politique économique projectionniste visant la diversification de l’économie et des partenaires. Cette période sera aussi marquée par cette politique de mise à niveau de certaines entreprises sous perfusion ou à l’agonie. L’argent alloué pour la réanimation de ces entreprises, ne servait à rien, puisque cette politique se vouait à l’échec en dépit de ce discours rassurant.
Durant le quatrième mandat de Bouteflika, Ahmed Ouyahia se fait remarquer par deux options destructrices de l’économie algérienne, la première s’appelle Partenariat- Public-Privé PPP, et la seconde est le financement non conventionnel, appelé aussi la planche à billets, ayant bouffé 60 milliards de dollars de nos réserves de changes, en vue d’arriver à équilibrer le budget de l’Etat, sachant que les algériens devront se préparer dans les plus brefs délais à faire face aux conséquences de cette politique économique qui ne généra que l’inflation et la chute du pouvoir du citoyen.
Pour ce qui est du PPP, le plan concocté par Ouyahia, permettrait le bradage et la prédation de dizaines pour ne pas dire des centaines d’entreprises publiques, au nom de l’investissement productif. Opposé à cette stratégie, l’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune devra en faire les frais, et sera limogé quelques semaines après avoir réussi à relancer certains projets socioéconomiques, à la grande joie d’un nombre important d’algériens.
Il est également important de mettre l’accent sur le décret exécutif 06-355 du 09 octobre 2006, fixant les prérogatives, organisation et exercice du Conseil National d’Investissement que présidait Ouyahia de longues années, et qui était à l’origine de la fuite de dizaines d’investisseurs étrangers, bloqués par la machine bureaucratique et des lobbys qui voyaient d’un mauvais œil une hausse significative des IDE, comme c’est le cas pour nos voisins