Amar Saadani ne souffle plus le chaud mais le froid

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L’ex . secrétaire général du FLN a accordé ce jeudi 17 octobre, au journal sur site , TSA , une interview sur le conflit du Sahara Occidental , affirmant que « cette question ne doit pas entraver la construction du Maghreb… »
Toujours selon Saadani « ..le territoire dont La souveraineté est contestée par le Polisario revient historiquement au Maroc .. »
Ce discours qu’il n’a jamais oser tenir pendant sa présidence de l’Assemblee Nationale Populaire ( APN) entre 2004 et 2007, puis, comme Secrétaire Général du FLN , de septembre 2013 à octobre 2016, est une novation dans l’esprit de Saadani .
Pourquoi attendre 2019 , et , plus précisément la chute de son ami Abdelaziz Bouteflika pour tenir ce discours à haute voix et cris de lynx ?
A – t- il manqué de courage durant toute cette période où il s’exhibait tel un chef de guerrier
défendant ,mal gré bon gré son président malade .
Ou, s’est il converti pour la circonstance en grand diplomate , inspiré par l’année folle de la politique étrangère de Donald Trump ?
Les deux hypothèses sont plausibles . Il faut connaître Amar Saadani au plus profond pour deviner ses secrets de gentilhomme à l’aspect , tout à la fois campagnard et agressif, le front entaillé de grosses rides , prêt à mordre le premier qui l’approche pour l’importuner ou causer du tort au président Bouteflika déchu , ou sa fratrie .
C’était en tout cas « le métier « que son chef et, son interlocuteur direct Said qui lui avaient confié pour pousser vers le ravin tout ennemi qui osait contester leur pouvoir, et leur autorité.
Un dur qui a flingué Rab Dzair au plus fort de son autorité et sa puissance . Ça n’est pas anodin . C’est même un exploit .
Qui pouvait comme lui projeter de la salive par sa bouche sur le dernier des ministres ou des ambassadeurs ?
Ou cracher la vérité sur les gros dossiers de corruption révélés par le DRS , et, le concernant en personne .
Du temps où le général Tewfik , le faiseur des rois , s’imposait comme le maître incontesté de l’Algérie , il n’a pas hésité un seul instant , sur injonction de Said , à mener contre lui une campagne qui mèneront à sa chute de manière définitive dés septembre 2015 .
C’était l’époque où Amar Saadani connaissait la gloire , avant d’être jeté en pâture et de passer le flambeau à Ould Abbes , mis en prison , depuis , avec les autres responsables politiques et hommes d’affaires à la prison d’El Harrach.
Pointer du doigt en 2019 ce sujet complexe qui est à la traîne depuis 1975, pendant les événements qui secouent actuellement l’Algerie , n’est pas chose aisée .
Le dossier du Sahara occidental est à la traîne devant les institutions internationales, dont le Conseil de Sécurité et , l’Assemblee Genarale des Nations Unies depuis plus de 30 années . Et, ce n’est par un coup de baguette que sa solution se règle du jour au lendemain.
Jusqu’ici , personne n’a été en mesure de s’attaquer à la complexité de ce conflit.
Tant et tant d’envoyés spéciaux, tant de réunions du Conseil de Sécurité de l’ONU , d’Assemblees Générales , de rencontres entres les deux belligérants,et, même de combats armés , ont marqué l’histoire de ce conflit qui empoisonne la région depuis plus de 40 ans . Aucun résultat. Même une prémisse . Le Droit International , au risque de se tromper , n’a pas pris le dessus sur l’enlisement du conflit de 1975 à nos jours .

Il est l’heure peut être de se pencher très sérieusement sur le sujet . Et, surtout , initier une nouvelle vision politique du conflit et aborder dans un premier temps avec intelligence la construction de l’ensemble maghrébin.
Nous faisons confiance à nos politiques et,à, notre armée , à leur tête , le chef de l’état major , le Général Ahmed Gaid Salah .
Le point noir cependant dans cette interview de Amar Saadani , s’agissant d’un débat de politique nationale de fond , c’est qu’au lieu de convoquer autour de lui les journalistes de toute la presse , y compris la presse étrangère. Il s’est contenté d’un site peu glorieux : TSA ….
À. Achoub