Chakib Khelil et la logarithme de sortie de crise économique

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La ville de Relizane a accueilli ce jeudi, l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil suite à une invitation émanant d’associations de la société civile, représentées par l’organisation estudiantine AREN, l’association RAJA pour la solidarité et le développement et l’institut des sciences commerciales du centre universitaire de Relizane. Cette rencontre a été encore une fois l’occasion pour Chakib Khelil de schématiser logarithme de sortie de crise socioéconomique autour du thème »le modèle économique pour sortir de la dépendance vis-à-vis des revenus des hydrocarbures.
L’ancien ministre de l’Energie insistera, comme à l’accoutumée sur la nécessité de la mise en œuvre de sa feuille de route, indispensable basée selon sa vision sur l’identification des défis et objectifs pour faire face aux menaces qui guettent notre économie et par voie de conséquence la pérennité de l’Etat Algérien. Pour Chakib Khelil, une volonté politique conjuguée à une mobilisation de toutes les forces vives de la nation, à défaut d’un consensus national, autour d’une stratégie projectionniste, basée sur une planification efficiente, permettront dans un moyen terme à l’Algérie de diversifier son économie, synonyme de création de richesses, création de dizaines de milliers d’emplois, et promotion des investissements directs étrangers IDE, promotion des investissements des secteurs publics et privés. Pour être plus explicite devant l’assistance composée d’étudiants, universitaires et opérateurs économiques, Chakib Khelil, établira un diagnostic sur l’actuel état des lieux, à savoir hausse des dépenses, et baisse des revenus des hydrocarbures. Sur ce plan, il indiquera qu’en an 2000, 20% de notre production du pétrole étaient consommées localement, aujourd’hui, on est passé à 40% de cette production, jumelée à la croissance démographique, ce qui a influé sur les rentrées du pays, dira-t-il. Ceci dit, cette situation influe négativement sur l’investissement dans cinq secteurs stratégiques à savoir l’agriculture, industrie, tourisme, pêche, et les services. Evoquant, l’un des sujets les plus abordés ces derniers temps à savoir les subventions de l’Etat, Chakib Khelil fera savoir que les couches sociales aisées sont les plus bénéficiaires de l’actuel système des subventions, à hauteur de 75%, à l’inverse des couches sociales vulnérables qui ne bénéficient que de 25%, d’où le nécessaire enterrement de ce système pour le remplacer d’aides financières aux familles démunies, qu’on peut identifier à travers le recours aux banques de données de la CNA, CNR, Sonelgz, et autres organismes.
Ces mêmes banques de données doivent régulièrement faire l’objet de mise à jour, en vue d’éliminer les personnes qui rejoindront le monde du travail. Le ciblage des subventions permettra aussi de libérer les énergies et favoriser le développement du secteur privé algérien au lieu de se cloîtrer dans la situation actuelle favorable au développement des entreprises étrangères, source des importations de nos produits de consommation. Pour Chakib Khelil, l’argent gagné du fardeau des subventions et des importations servira à redynamiser l’outil de production nationale et l’accroissement des investissements dans les secteurs de l’agriculture, l’industrie, le tourisme, la pêche, et les services. Dans le même sillage, l’ancien ministre de l’Energie, mettra l’accent sur la nécessité d’améliorer le climat des affaires en Algérie, sachant que notre pays est classé au 157ème rang mondial, loin derrière nos voisins, dont les IDE sont situés à 5 milliards de dollars annuellement pour le Maroc, trois milliards pour la Tunisie, pour un milliard uniquement pour l’Algérie. Et là, Chakib Khelil, s’interrogera sur cette stratégie de financer les investissements étrangers par les banques algériennes, au lieu d’exiger des investissements à travers des banques étrangères, permettant à nos banques d’épargner son argent. Dans le même cadre, il renouvèlera son approche consistant au lancement du nouveau dinar tout en gardant la valeur de l’actuelle monnaie, le démantèlement du marché parallèle, dont l’énorme masse monétaire évaluée à des dizaines de milliards de dollars échappe totalement au contrôle de l’Etat, en mettant en place des mécanismes pour l’intégrer dans le circuit officiel et légal, en vue d’accroitre les rentrées de la fiscalité, lelancement des bureaux de change des devises pour capter l’argent de l’informel, et la création d’une banque algérienne à l’étranger pour capter l’argent de la communauté algérienne à l’étranger, lui permettant par voie de conséquence de participer activement au développement du pays. Sur sa lancée, l’ancien ministre de l’Energie, insistera sur le développement du Sud du pays, lié aux valeurs et coutumes des pays de l’Afrique subsaharienne, porte de l’Afrique avec un marché d’un milliard d’habitants, à travers la création de zones de libres échanges
Sur ce registre, l’Algérie pourrait bien profiter de ces caractéristiques géostratégiques d’un Etat-pivot du continent africain. Pour Chakib Khelil, la balle est dans le camp des algériens, appelés à revenir au concept de la planification, première devise des pays développés. Et là, il tirera sur ceux qui considèrent la planification, comme une pratique datant du socialisme.
La planification devrait être appuyée, par l’impérativité de se conformer aux normes internationales, à travers l’adaptation des lois algériennes, avec les lois internationales, la modernisation du système bancaire, susceptible d’assurer une gestion informatisée des services destinés aux entreprises et citoyens,indispensable à toute action prévue pour le développement national, l’amélioration des gestions des infrastructures de base, comme les ports, les aéroports et les ouvrages routiers, ainsi que les moyens de transports, routiers, aéroportuaires et portuaires et l’internationalisation des entreprises algériennes, pour mieux assoir toute politique visant à booster les exportations. D’autre part, il faut noter que Chakib Khelil a mis lors de son intervention sur sa stratégie de communication , via les réseaux sociaux et les conférences pour mieux éclairer l’opinion publique sur sa feuille de route pour sortir de la dépendance vis à vis des revenus et barrer la route qui ont longtemps tenté de salir son image.
M.Mehdi