Chakib Khelil et les prévisions exactes sur les fluctuations du marché énergétique

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A chaque fois, qu’on évoque les perspectives du développement du secteur des hydrocarbures, les prévisions et les fluctuations du marché pétrolier international, ou les mécanismes indispensables pour diversifier l’économie algérien et se débarrasser de la sa dépendance vis-à-vis aux revenus pétroliers, le nom de l’ancien ministre de l’Energie et des mines Chakib Khelil surgit par enchantement, témoignant l’intégrité d’un expert de haut standing, connaisseur des moindres détails du marché international de l’Energie, tout à l’honneur du pays et au grand dam l’ingratitude et de ceux qui voulaient le priver du droit de s’exprimer sur le devenir économique .
Interrogé par nos soins au lendemain de la décisive réunion des pays membres de l’OPEP et non-OPEP à Alger, en septembre 2016, dans le sillage de l’effondrement des prix de pétrole, Chakib Khelil, nous révélera que l’équilibre entre l’offre et la demande sera atteint durant le troisième trimestre de l’année 2017, soutenu, par le respect des accords d’Alger et de Vienne, permettant aux cours pétroliers de se stabiliser autour de la fourchette 54-60 dollars , pour le baril. Le respect de l’accord de vienne, reconduit, permettra de maintenir cette tendance, autour de 55 dollars, pour le baril, et en même temps encourager la production du pétrole de schiste américain, autour de 600 mille barils/jour, nous dira-t-il.
Concernant l’effet Trump, Chakib Khelil, avait estimé durant cette période, que le successeur d’Obama, va imposer une taxe sur l’importation du pétrole, et qui aura deux effets immédiats, l’encouragement de l’exportation du pétrole de schiste américain, qui devra concurrencer le pétrole des pays comme l’Algérie, la Libye et le Nigeria, et la pénalisation de l’importation du pétrole saoudien et vénézuélien, très utilisé dans les raffineries américaines.
Malgré cela, il prévoyait une hausse des cours, si le président américain opterait pour des sanctions contre l’Iran, obligeant Téhéran à réduire sa production, témoignant sa connaissance des fluctuations du marché pétrolier international.
Dans un récent entretien qu’il nous a accordé, avant même la tenue de la Réunion OEP-Non-OPEP d’Alger du 23 septembre dernier, Chakib Khelil prévoyait une hausse relative des prix de pétrole, l’a liant à la problématique offre-demande. Il pronostiquera le maintien des quotas de la production, grâce au rôle que joue l’Algérie pour la stabilité des prix, au profit des producteurs et consommateurs à la fois, en dépit des turbulences de la géopolitique, la situation au Nigéria, Libye et Venezuela, et les sanctions américaines contre l’Iran.
Chakib Khelil évoquera une hausse éphémère des prix du pétrole pour le quatrième trimestre de l’année en cours, et qui viennent à juste titre de frôler les 80 dollars.
Chakib Khelil estimera que, les prix se stabiliseront autour de la fourchette 75-80 dollars le baril, en 2019. Il considéra le dernier accord d’Alger comme un bon accord car s’il est maintenu en vigueur jusqu’à l’année prochaine, il permettra l’équilibre du marché et des prix de $75 dollars le baril en moyenne en 2019 en notant toutefois que cette décision provoquera des niveaux de prix au-delà de $80 dollars le baril temporairement”. Toutefois il semble que les Émirats Arabes et l’Arabie Saoudite ont décidé d’augmenter leur production pour compenser le manque de production de l’Iran . Cette décision aura un impact sur les prix vers la baisse à court terme vers $75 dollars le baril et si elle est maintenue au delà du début de l’année impactera les prix vers des niveaux moyens de $70 dollars le baril en 2019.

Diversification de l’économie algérienne, cheval de bataille

Même s’il demeure, l’un des experts du marché énergétique, le plus écouté et sollicité sur la scène internationale, Chakib Khelil a durant toutes les conférences animées à travers le territoire national, plaidé pour la diversification de l’économie algérienne, en vue de se débarrasser de cette »fatalité rentière » à une économie émergente, et productive basée sur l’effort, l’investissement, la création de la richesse et la vulgarisation des potentialités humaines et naturelles du pays.
Sur ce registre, il exposera une feuille de route et un processus de développement, destinés à réduire progressivement la dépendance de l’Algérie vis-à-vis des hydrocarbures, diversification des activités : agriculture, industrie, tourisme, pêche, et services, et la création de richesses, pour se débarrasser du fardeau de l’importation.
Chakib Khelil estimera que l’Algérie ne devrait en aucun cas rater le rendez-vous avec la modernité et la prospérité et devra impérativement profiter de ses caractéristiques géostratégiques, vaste pays du continent africain, potentialités naturelles, matérielles, humaines, et attractivité économique (avantages fiscaux et parafiscaux)
Pour atteindre l’objectif de l’émergence, l’Algérie devrait se de se conformer impérativement aux normes internationales, à travers l’adaptation de sa législation , avec les lois internationales
Priorités nationales : emploi des jeunes, s’orienter vers la concrétisation des grands projets rentables, dans divers secteurs, avec comme objectif, la pérennisation de l’emploi
La réussite de ses objectifs dépend de la modernisation du système bancaire, qui permet d’assurer une gestion informatisée des services destinés aux entreprises et citoyens, indispensable à toute action prévue pour le développement national, estime-t-il.
Chakib Khelil plaidera aussi pour l’amélioration des gestions des infrastructures de base, comme les ports, les aéroports et les ouvrages routiers, ainsi que les moyens de transports, routiers, aéroportuaires et portuaires ;.l’internationalisation des entreprises algériennes, pour mieux assoir toute politique visant à booster les exportations et la création d’un environnement propice pour l’investissement productif et rentable, destinée au bien-être des algériens. Pour relever ce défi, Chakib Khelil insistera sur
1- La réactivation de fonds spécial d’investissements pour les projets industriels structurants
2- La création d’une banque destinée au soutien des petits métiers et des microentreprises, pour la promotion de l’emploi des jeunes
3- La création d’un fonds de garantie, permettant aux citoyens d’avoir leurs logements via un financement de banques
4- La création d’une banque algérienne internationale, pour capter les avoirs et l’épargne des algériens à l’étranger, leur permettant de participer activement au développement du pays, et les lier davantage à l’Algérie
5- Rehausser le rôle de la bourse, pour qu’elle puisse être partie prenante dans l’économie algérienne.
6- Intégrer le circuit informel, dans l’économie nationale, pour mieux cerner les effets néfastes de l’évasion fiscale, et pour mieux contrôler la masse monétaire, échappant à l’activité formelle et à l’Etat.
7- La nécessaire institutionnalisation de la planification, pour mieux juguler et coordonner les actions et objectifs, visant un développement stratégique à moyen et long terme, indépendant des conjonctures et des mutations géopolitiques.
8- La nécessaire édification d’un cadre général, institutionnalisé, permettant une transition progressive, de la dépendance des revenus pétroliers, vers d’autres ressources, et permettant le passage vers un développement des énergies renouvelables, fondamental pour le devenir économique du pays.
9- Le recours indispensable aux bureaux d’étude et de consulting et à l’expertise, dans tous les secteurs d’activité, pour mieux maitriser les domaines économiques, techniques, environnementaux et financiers.
La feuille de route dérange
Cette feuille de route sonne le glas pour ceux qui veulent maintenir le pays dans le statut de la rente, sous l’OPA des lobbys de l’import-import.
Les attaques qui ciblent l’ancien ministre de l’Energie n’ont d’explications que ces lobbys, liés à des intérêts avec certaines officines, hostiles à toute action allant dans le sens du développent socioéconomique de l’Algérie.
L’obstination de certains médias algériens inféodés à la cause de ce lobby, à citer le nom de Chakib Khelil dans le procès de Milan ENI /Saipem, en tentant d’entretenir l’amalgame et en faisant croire aux algériens, que c’est un procès opposant la firme italienne avec Sonatrach, révèle à plus d’un titre que l’ancien ministre de l’Energie, est considéré comme la première menace pour les intérêts des néocolonialistes , leurs larbins néocolonisés, et l’Establishment Françalgérie dans le pays du million et demi de martyrs.