Chakib Khelil explique sa stratégie de sortie de crise

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Dans un entretien accordé à AlgérieTouteHeure, l’ancien ministre algérien de l’Energie, Chakib Khelil revient sur les grands axes de sa feuille de route destinée à la diversification de l’économie nationale, et les mécanismes lui permettant de sortir de sa dépendance vis-à-vis des revenus des hydrocarbures

La sortie de la dépendance vis-à-vis des hydrocarbures est une opération difficile et complexe comme l’indique l’expérience réussie dans cette opération par certains pays, mais elle est une opération indispensable et nécessaire pour arriver à une économie diversifiée avec une croissance continue et durable.
Pour concrétiser cette opération, il faut affronter plusieurs défis à commencer par ceux des changements dans certaines politiques actuelles de notre pays. Donc, que proposez-vous ? Pouvez-vous nous expliquer d’une manière simplifiée les objectifs à atteindre par l’économie algérienne, et nous donner plus de détails sur chacun des objectifs , pour être comprise par tout le monde ?
A mon avis, les plus importants objectifs à atteindre pour notre économie sont les suivants :
1- La création de réelles opportunités d’emplois, permettant aux citoyens de mener une vie décente, et une hausse des salaires des travailleurs conjuguée à une meilleure productivité et l’amélioration des conditions économiques du pays (cela signifie, plus d’offres d’emplois dans le marché du travail de la part des opérateurs économiques, permettant ainsi la création concurrentielle de l’offre d’opportunités d’emplois).
2- L’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens à travers l’amélioration directe et indirecte de la production et de la productivité des travailleurs, conjuguee a la diminution des coûts de la vie, comme ceux des produits de consommation, le transport, le logement, l’enseignement, la santé et les services publics.
3- La protection des couches vulnérables de la société, à travers des aides financières directes. Ces couches vulnérables seraient identifiées selon les normes adoptées par les instances spécialisées de l’ONU. Ces aides permettraient de subvenir a leurs besoins en logement, transport, enseignement, santé et produits de consommation, et d’arriver par voie de conséquence à une meilleure justice sociale.
4- La réalisation d’un excédent durable et considérable en devises, pour satisfaire les besoins de l’Etat permettant d’assurer la paix, la prise en charge desbesoins des citoyens,et la prise en charge de besoins de l’économie nationale, en matière d’importation de produits et de services de l’étranger, en attendant d’arriver à une autosuffisance dans ces produits et services à long terme.
A mon avis, l’investissement est le meilleur moyen pour atteindre les objectifs tracés ci-dessus.
Pourquoi l’investissement est tellement important et un défi pour l’économie et pour combien de temps l’Etat restera hégémonique dans l’investissement ? Quelles sont les causes des faiblesses de l’Etat pour élargir l’investissement et quels sont les défis dans ce domaine ?
La quasi-totalité des investissements en Algérie émanent de l’Etat, ainsi que du secteur privé sous la parapluie de l’Etat. Mais les revenus de l’Etat demeurent limités et dépendants des hydrocarbures(100% en devises, 60% des budgets des rentrées alors que notre production des hydrocarbures stagne , notre consommation interne des hydrocarbures est en hausse constante et les prix des hydrocarbures connaissent une baisse depuis 2014).
Donc, notre premier défi est :
D’où proviendrait l’argent permettant une hausse continue et durable des investissements de l’Etat et du secteur privé national, pour atteindre les objectifs tracés ?
En examinant nos revenus en devises, on s’aperçoit que 100% émanent des hydrocarbures c’est-a-dire qu’on ne gagne aucun dollar ou aucun euro des autres 5 secteurs comme l’agriculture, l’industrie, le tourisme, la pêche et les services.
Comment pourrait-on booster nos revenus en devises ?
La réponse réside dans la diversification de l’économie nationale et le développement des cinq secteurs sus-cités pour atteindre l’autosuffisance, puis l’exportation des produits et des services.
Donc, le second défi consiste en la diversification de l’économie. Mais quels sont les autres points positifs de la diversification de l’économie ?
Premièrement : la diversification des revenus en devises qui permet la réduction de l’influence des fluctuations des prix des hydrocarbures sur l’économie nationale et qui facilite par ce biais une meilleure planification des revenus et des dépenses nous faciliterait la création de nouvelles richesses et une croissance économique durable.
Deuxièmement : L’augmentation de la production et des revenus des secteurs productifs, hors-hydrocarbures, permettrait la réduction des importations des produits et services et d’épargner le maximum des rentrées en devises pour son utilisation dans le développement de l’économie nationale.
Troisièmement : L’exportation des produits et services issus des secteurs productifs hors-hydrocarbures, permettrait la réduction de leurs coûts localement (comme par exemple le prix du ciment qui a connu une baisse après les opérations d’exportation) et de ce fait permettrait une meilleure concurrence de nos produits et services, avec effet immédiat sur l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens et l’élargissement de la commercialisation de ces produits et services sur les marchés étrangers.
Quatrièmement : La diversification de l’économie nationale signifie aussi une hausse des revenus des cinq secteurs productifs et une hausse collatérale des revenus des impôts et taxes au profit du Trésor Public, et par conséquent la création d’une meilleure base de richesse nouvelle et renouvelable, continue et durable.
Mais d’où proviendrait l’argent pour relever le défi de la diversification de l’économie à travers le développement des cinq secteurs économiques que sont l’agriculture, l’industrie, le tourisme, la pêche et les services ?
Comme nous l’avions décrit auparavant, le choix de la diversification de notre économie apparait comme un choix stratégique et urgent.
Mais, la diversification de l’économie et le développement des cinq secteurs hors hydrocarbures, ne se concrétisera que par l’investissement permettant de booster la production, et générer des revenus à moyen et long terme.
La question de l’investissement est une question cruciale et axiale et à traiter en urgence comme un premier défi pour l’Etat.
Quand on examine les revenus de l’Etat dans le cadre du budget, on découvre que 60% des revenus sont issus du secteur des hydrocarbures, et 40%d’impôts et taxes des autres secteurs économiques .
La première option pour hausser les revenus , c’est d’améliorer les recouvrements des impôts et taxes par les autorités compétentes des services du ministère des Finances.
Analyser et évaluer les sources de revenus en impôts et taxes constituent donc un défi permanent pour l’Etat.
L’autre option pour booster les revenus en impôts et taxes, c’est leur recouvrement auprès des opérateurs du marché de l’informel. La reussite d’une telle operation permettrait une hausse des revenus de l’Etat et donc sa capacite d’investir.
Vous avez évoqué la nécessité et les effets positifs de la diversification de l’économie, la nécessité de l’amélioration du recouvrement des impôts et taxes et son impact sur la hausse des revenus, le recouvrement des impôts et taxes au niveau du marché informel, estimez-vous que ces actions porteraient leurs fruits à moyen terme? , que doit-on faire pour épargner de l’argent à l’Etat pour investir et ne devrons-nous pas rechercher l’investissement étranger ?
D’un côté, on sait que les devises sont changées par les opérateurs économiques au niveau du marché parallèle, en dehors du circuit officiel, de même que les opérateurs du marche parallèle changent leur monnaie stockée dans leurs domiciles et commerces. Le défi qui demeure pour l’Etat est comment intégrer ces sommes d’argent dans le circuit officiel pour renforcer notre système bancaire en monnaie nationale et en devises, et lui permettre ainsi de financer les projets d’investissements de l’Etat et du secteur privé.
D’un autre côté, l’autre défi pour l’Etat est de booster l’investissement étranger dans le pays, a travers l’amélioration de la politique de l’Algérie, vis-à-vis de l’investissement étranger, pour l’impliquer comme partenaire dans nos projets d’investissement.
Toutefois quand on observe les dépenses de l’Etat, on s’aperçoit qu’une partie importante est consommée en subvention de soutien aux produits de consommation, et de services comme l’électricité, gaz naturel et eau potable, logement, enseignement , et santé, une autre partie en salaires des fonctionnaires , et finalement le reste en investissements dans tous les secteurs directement ou a travers de projets réalisés par le secteur privé.
Compte tenues des limites des revenus mais au vu de la hausse des dépenses de subventions de soutien aux produits de consommation et de la croissance démographique, il est clair que les dépenses des subventions réduisent les possibilités de l’Etat à investir. Mais comme le secteur privé national continue de travailler sous la coupe de l’Etat, en matière d’investissement, d’où viendra donc la hausse des investissements ? Surtout qu’entre parenthèse la diversification nécessite de grands investissements, comme indiqué au -dessus.
Comme nous l’avons souligné, la politique de subventions de soutien aux prix de consommation et services suivie par l’Algérie, engendre une hausse continue et durable des dépenses de l’Etat, car elle se base sur le paiement de la différence entre les prix subventionnés et soutenus et les prix réels du produit et du service et sur le fait que 42 millions d’algériens bénéficient de cette politique et non seulement les catégories vulnérables. La croissance démographique engendre davantage de dépenses de l’Etat, et diminue ainsi les capacités d’investissements de l’Etat.
Ainsi, l’autre défi de l’Etat, est de revoir l’actuelle politique de subventions pour la remplacer par une politique de soutien financier directe, et en cash, à l’instar des politiques des pays qui ont réussi économiquement, car cette nouvelle politique a des effets positifs sur la pérennité des ressources naturelles et financières qui seraient utilisées en investissement et non en consommation, et d’arriver ensuite aux objectifs sus-cités.
Donc, il faudrait améliorer beaucoup de choses, dont la politique de subventions, celle d’attirer plus d’investissements étrangers, et celle concernant le comportement de l’Etat vis-à-vis du marché parallèle. Et tout ce changement nécessite un grand effort à long terme. Donc, quels sont les rôles de l’Etat et de la société dans ce changement ?
Il est clair que le changement de cette politique vis-à-vis des trois questions citées précédemment, nécessite un consensus au niveau de la société, et une volonté politique pour sa concrétisation sur le terrain, mais elle nécessitera aussi un grand effort en matière d’études, de décisions, d’organisation, de gestion et de suivi à moyen terme.
Pouvez-vous nous expliquer la politique de subvention des prix de produits et services, et celle du soutien financier directe, en cash pour les bénéficiaires, et leurs répercussions sur l’investissement, les réserves de change et la justice sociale ?
Les inconvénients de la politique des subventions des prix sont nombreux dont :
1-La hausse constante des dépenses de l’Etat et son influence négative sur l’investissement et les objectifs tracés plus haut .
2- Le prix soutenu et bas d’un produit ou d’un service , n’encourage pas l’investisseur national, mais par contre le prix international du même produit ou service encourage l’investisseur étranger( comme le démontre le cas de la poudre de lait par exemple ), et ne sert donc pas les objectifs tracés sus-cités.
3-Le prix bas subventionne des dérivés pétroliers encourage sa surconsommation ( par exemple en l’an 2000, on consommait 20% de notre production pétrolière et on exportait 80%, mais par contre en l’an 2018, on consomme 40% de notre production pétrolière et 50% de notre production gazière, et on n’exporte que 50%). Donc au fil du temps, on va exporter moins de gaz et de pétrole et on va gagner moins en devises, en corrélation avec une croissance démographique constante conduisant a une hausse sans fin de la consommation des dérivés pétroliers et du gaz naturel.
4-La catégorie vulnérable ne bénéficie de l’actuelle politique des subventions qu’à hauteur de 25% de la totalité des dépenses de subventions accordées par l’Etat, selon les études des instances internationales, comme la Banque Mondiale, et de ce fait, les subventions ne sont pas en priorité attribuées à la catégorie vulnérable de la société.
Pour mieux comprendre ce point, et la différence entre l’actuelle politique et celle d’un soutien financier directe, on prend l’exemple d’une famille composée d’un père et de quatre enfants. L’un des enfants est pauvre et les trois autres, aisés. Le père représente dans ce cas l’Etat et les enfants la population. Les enfants veulent acheter un produit d’une épicerie, d’un montant de 100 DA. Le père décide de contribuer 50 DA, pour chacun de ses enfants. Donc, il versera 200DA, et chaque enfant contribuera à hauteur de 50 DA. Même si le prix du produit est de 100 DA et que chacun des enfants ne contribuent que 50DA, il est possible que l’enfant pauvre ne pourrait pas verser les 50 DA. Cet exemple explique la politique actuelle des subventions. En cas de changement vers le soutien financier direct, le père versera 100 DA à son enfant pauvre et les trois enfants aisés doivent verser 100 DA chacun, c’est-à-dire le prix réel du produit.
Ceci dit, le père déboursera uniquement 100 DA dans le cadre de la subvention directe , et épargnera 100 dans ce cadre vis-à-vis de la subvention des prix pour tous . Donc, à travers la politique de soutien financier directe et cash, l’Etat épargnera des sommes importantes qu’il pourrait investir dans les secteurs par exemple de l’enseignement et la santé.
Pour mieux saisir l’importance du sujet, nous faisons appel aux chiffres des instances internationales qui indiquent que l’Etat dépense 23% du PIB, (PIB = 170 milliards de dollars) soit 39 milliards de dollars pour les subventions des prix des produits et services, mais seulement 25% de ces subventions iraient aux couches vulnérables, soit 10 milliards de dollars.
Supposons que les catégories vulnérables nécessitent une aide double de celle de 10 milliards de dollars soit 20 milliards de dollars. Cela permettrait à l’Etat d’épargner 19 milliards de dollars susceptibles d’être orientés vers l’investissement, mais qui permettrait aussi de diminuer le taux de croissance de la consommation des produits, d’encourager l’investissement national dans la production des produits et services, et par voie de conséquence à la restauration d’une meilleure justice sociale.
On pourrait aussi décider d’accorder un soutien financier directe et en cash à l’autre catégorie de la population située entre 25 et 50% de la classification de la population en terme de précarité, mais elle serait soutenue à un moindre degré d’aide par rapport à la première catégorie plus vulnérable, puis aussi à l’autre catégorie située entre 50 et 75%. Cela nous rassure de pouvoir trouver des solutions pour satisfaire les besoins de toutes les couches sociales de la population.
Comment appliquer ce soutien financier direct ?

il faudrait recenser et inscrire la catégorie vulnérable, et réviser la liste annuellement, en se basant sur les informations établies par la CNAS, les factures de l’électricité, du gaz et de l’eau et sur la base des études de l’Etat et des instances internationales.
Il faudrait ensuite présenter ce programme à la société civile pour des échanges d’opinions , l’enrichissement du programme ,et la prise en considération des préoccupations des citoyens en matière notamment d’application, et surtout les mécanismes de versement des subventions directes et financières et prevoir des mécanismes de recours a des solutions en cas de dysfonctionnement de son application localement.
Vous avez dit que le seul choix pour l’accroissement des investissements, c’est le recours à l’investissement étranger, le changement de la politique des subventions et le changement de la politique de l’Etat vis-à-vis du marché parallèle. Cela nécessite du temps pour accroître les revenus de l’Etat, ainsi que ses investissements. Comment attirer donc plus d’investissements étrangers vers l’Algérie ? Comment améliorer l’attractivité de l’Algérie pour les investissements étrangers ?
Je m’explique d’abord sur le pourquoi de l’investissement étranger.
Comme nous l’avons signalé auparavant, les investissements de l’Etat et du secteur privé national seront limités, compte tenu des limites signalées auparavant et des contraintes imposées par les politiques suivies aujourd’hui, en matière de subventions et soutien aux produits et services et en matière de marché parallèle.
Dans ce cadre, nous n’avons qu’un seul choix pour le moment pour booster les investissements à savoir recourir à l’investissement étranger, surtout qu’on refuse de recourir à l’endettement extérieur.
L’investissement étranger en Algérie ne représente qu’un milliard de dollars, et demeure insignifiant par rapport à nos voisins et aux pays similaires économiquement à l’Algérie. Les freins aux investissements étrangers, sont le climat des affaires qui ne motivent pas les opérateurs étrangers à venir en Algérie.
Il faudrait donc améliorer notre classement actuel ( 154ème place) en matière de climat des affaires, pour atteindre les 50 premières places, par rapport aux autres pays , en matière de comportement de l’Etat et de l’administration centrale et locale, des banques, vis-à-vis des opérateurs économiques étrangers, concernant en particulier la gestion transparente et rapide de leurs doléances.
Pour cela, il faudrait élaborer un planification indicative , des études de projets d’investissements, la collecte des informations et la numérisation des projets. Les banques publiques devraient avoir les capacités humaines, et la capacité de gestion nécessaire pour l’étude et le financement des projets. Nos diplômés universitaires devraient répondre aux standards internationaux, pour se conformer aux besoins du marché de l’emploi à moyen terme.
Il faudrait aussi enseigner l’anglais, comme seconde langue dans le pays, parce qu’elle est aujourd’hui la langue de la science, le savoir, la technologie, et les affaires.
Nos ambassades devraient jouer un rôle plus important, pour la promotion du commerce et de l’investissement ainsi que le développement de la banque des données, qui serait accessible à tous les opérateurs économiques algériens.
La création d’une banque algérienne à l’étranger, pour faciliter le travail des opérateurs algériens à l’étranger, notamment au niveau du continent africain.
Il faudrait orienter notre économie vers l’Afrique, un marché prometteur et qui constitue un grand espace pour nos produits et services, et pour améliorer en même temps leur concurrence sur les plans local et étranger.
Pour gagner la marché africain, il faudrait développer le Sud, pour sa proximité géographique, et ses relations ancestrales, humaines, religieuses ainsi que ses potentialités humaines et naturelles importantes.
Il faudrait créer deux zones franches, pour attirer des investisseurs étrangers, en vue de créer des opportunités d’emplois, transférer la technologie, et gagner des devises.
Vous avez évoqué le marché parallèle, comment peut-t-il aider notre économie a travers le recouvrement des impôts ? Pouvez-vous nous donner plus de détails, et comment peut-t-on l’intégrer dans l’économie nationale, et quels seraient les effets positifs ?
Le marché parallèle constitue un taux élevé du PIB, soit 40% du PIB Algérien, soit 68 milliards de dollars, selon les experts. Ce serait un taux très élevé par rapport a d’autres pays connus pour l’existence d’un marché informel. Les opérateurs économiques dans ce marché ne payent pas d’impôts, et s’ils payaient leurs impôts il est évident que le budget et les revenus de l’Etat seraient meilleurs.
L’argent de nos émigrés transféré en Algérie ne dépasse pas les 2,4 milliards de dollars, loin derrière le Maroc avec 7 milliards de dollars. Les devises sont souvent changées au niveau du circuit informel, hors du circuit officiel, ce qui encourage la spéculation sur les devises.
Des sommes importantes par rapport a notre masse monétaire sont stockées dans les foyers ou commerces des opérateurs exerçant dans le marché parallèle qui les utilisent ensuite dans leurs opérations commerciales et d’investissements, sans passer par les banques algériennes.
Les solutions préconisées seraient :
1- Le paiement des impôts par les opérateurs exerçant dans le marché parallèle, à l’instar de tous les opérateurs économiques établis en Algérie, à travers l’obligation de la présentation des factures et des cartes de versement.
2- L’ouverture de bureaux de changes des devises, dont les opérateurs sont appelés à payer leurs impôts et taxes lors de leurs opérations de change. L’unification de la valeur du dinar sur le marché algérien, sur la base des cours officiels des devises et l’ouverture d’une banque algérienne à l’étranger pour capter l’argent de nos ressortissants à l’étranger et le transférer en Algérie.
3- La création d’un nouveau dinar, d’une valeur identique à l’actuel, et l’intégration des sommes monétaires en ancien dinar des détenteurs actuels à condition qu’ils aient des comptes bancaires ou bien ouvrent de nouveaux comptes bancaires.

Le changement du comportement de l’Etat à l’égard des opérateurs exerçant dans le marché parallèle aura des répercussions positives comme suit :.

. La hausse des revenus des impôts et leur recouvrement à l’avenir chez les opérateurs du marché parallèle et les operateurs de bureaux de change.
. La hausse des rentrées de l’Etat, en devises émanant des ressortissants algériens à l’étranger.
. Le renforcement des capacités financieres des banques qui bénéficient de l’intégration des anciennes masses monétaires,et en consequence leur renforcement en matière de financement des projets de développement en Algérie.
En résumé
Le changement de la politique de subventions des prix, vers un soutien financier directe en cash aux couches vulnerables , et celui de la politique vis-à-vis des investisseurs étrangers, et celui du comportement vis-à-vis du marché parallèle, nous permettraient d’atteindre une économie diversifiée, en croissance continue et durable, loin des influences négatives des fluctuations des prix des hydrocarbures. Une économie diversifiée nous permettrait d’atteindre nos objectifs, en matière de création d’opportunités d’emplois, d’optimisation de l’exploitation optimale de nos ressources humaines, financières et naturelles, d’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens et de la protection de la catégorie vulnérable ,ainsi que la réalisation d’un excédent considérable dans la balance de paiements en devises, pour la satisfaction des divers besoins de l’Etat et des citoyens, en matière de produits et services en attendant d’ arriver à une autosuffisance à long terme.
Entretien réalisé par M.Mehdi