Chakib Khelil tire à boulets rouges sur ses détracteurs

3

En Algérie, chaque fois qu’on parle d’hydrocarbures, le nom de Chakib Khelil surgit comme par enchantement et cela se vérifie dès lors qu’on scrute le marché pétrolier, qu’on s’interroge sur l’avenir énergétique du pays ou encore et surtout lorsqu’ on évoque la loi sur les hydrocarbures.
Chakib Khelil ne laisse personne indifférent tant sa présence, sa pensée et sa voix émettent une sorte de vibration subtile qui frappe l’imagination, stimule les débats sur l’économie et l’énergie et heurte comme d’habitude certains «esprits »qui le rendent responsables de tous les problèmes du secteur énergétique algérien.
C’est ce que les auteurs d’un pamphlet, publié sur un site en ligne le 6 janvier, sous le titre «Loi sur les hydrocarbures : les résultats de l’incompétence » ont tenté de faire. Les auteurs, réagissant à l’annonce du gouvernement d’amender en 2018 la loi sur les hydrocarbures, ont lancé une violente diatribe contre Chakib Khelil.
Pour en savoir plus sur le contenu et les graves accusations portées à l’encontre de l’ancien ministre de l’énergie et des mines, nous nous sommes rapprochés de lui pour obtenir des clarifications sur les faits qui lui sont reprochés concernant son action à la tête du secteur des hydrocarbures.
Sans hésitation, le Docteur Chakib Khelila bien voulu se prêter à l’interview, en se gardant toutefois de ne répondre qu’aux questions sur lesquelles il se sent personnellement interpelé.
Question : Monsieur Chakib Khelil quelle est votre première réaction à la lecture de l’article «Loi sur les hydrocarbures : les résultats de l’incompétence » ?

Chakib Khelil: Je n’ai jamais lu pareille anthologie du mensonge et du mépris …

Question : Pouvez vous expliquer ?

Chakib Khelil: C’est un genre d’article inhabituel qui relève à la fois de l’imposture et de l’intrigue dans la mesure où il jette le discrédit sur presque tous les responsables qui ont dirigé notre secteur des hydrocarbures, traités de faibles et d’incompétents. Il est pour le moins difficile de cerner le but des auteurs de cette forfaiture. Cet écrit de par sa teneur et les mensonges colportés est dirigé incontestablement contre le pays et sa politique des hydrocarbures. La question est de savoir au profit de qui ?

En ce qui me concerne, étant habitué à lire toute sorte d’écrits malveillants ciblant ma personne et ma famille, je ne suis pas étonné que ces « esprits autoproclamés supérieurs » déversent un florilège de mensonges grossiers et écœurants sur l’action que j’ai menée à Sonatrach et au ministère de l’énergie et des mines. Le principe de transparence que j’ai imposé pour l’octroi des contrats d’exploration, et qui est toujours en cours, dérange horriblement les tenants de la négociation de ces contrats que l’ancienne loi 86-14 avait permis en son temps.

Il faudrait donc chercher dans ce cercle occulte des nostalgiques de la loi 86-14 pour essayer de comprendre les desseins poursuivis par les auteurs de cet article intrigant. Nous sommes probablement en proie à des esprits malins qui gravitaient autour du secteur des hydrocarbures, auxquels probablement certains aigris parmi d’anciens responsables du secteur leur ont prêté allégeance pour nuire. Seulement, ils n’ont pas le courage de s’exprimer à visage découvert.

Question : Dans l’article, il est mentionné que vous avez mené des négociations avec des compagnies étrangères dans le cadre de la loi 86-14 pour l’octroi de parts dans les gisements opérés par Sonatrach, alors que vous aviez l’intention de modifier cette loi. Quel est votre commentaire à ce sujet ?
Chakib Khelil: Je suis intrigué par la facilité et l’imprudence avec laquelle ces gens-là débitent honteusement des mensonges, alors que tout le monde sait que nous avons lancé six appels d’offres organisés sous l’égide de la loi 86-14 qui était toujours en vigueur. J’avais décidé, avant même la modification de cette loi, de mettre fin au principe de l’attribution des contrats d’exploration sur la base de la sélection restreinte et de la négociation directe avec les compagnies pétrolières. Tout le monde peut témoigner que les appels d’offres ont non seulement connu un succès remarquable mais ont apporté beaucoup de crédibilité dans les opérations d’attributions des blocs d’exploration en Algérie. Ce « coup de maitre », c’est le pays qui a gagné !
L’arrivée sur le domaine minier algérien à cette occasion de grandes compagnies telles que Sinopec, Repsol, RWE, Edison, Total GDF-SUEZ, Cepsa, d’une part, et celles de moindre taille à savoir Medex, Petroceltic, FCP est donc le résultat des appels d’offres ouverts, transparents et compétitifs et non pas celui d’une « vulgaire » négociation comme le soutient cet article.

Question : Justement, qu’avez-vous à répondre au sujet de l’octroi à la société canadienne FCP du bloc MLE. 405b (Menzel Ledjmet Est) qui, aux yeux des auteurs de l’article, n’avait aucune référence dans l’operating pétrolier ?

Chakib Khelil: Le principe des appels d’offres ouverts, que j’ai imposé pour introduire la transparence et la compétition, au lieu de la négociation directe, pour l’octroi des six blocs d’exploration a permis l’émergence des compagnies qualifiées de « petites ».

C’est ainsi que les compagnies FCP, Medex et Petroceltic, qui ont largement satisfait aux règles, critères et conditions des appels d’offres, ont été les «mieux-disant» face à la concurrence des grandes et autres petites compagnies.

Quant aux insinuations et autres élucubrations au sujet de la société FCP, elles sont évidemment infondées. C’est par appel d’offres que la société canadienne a décroché le bloc MLE, 405b. Pour le reste, la société FCP appartient à des actionnaires de nationalité russe qui ont décidé de vendre leurs actions à l’ENI, en limogeant le président de la société. Ce dernier a créé la société Wilton Ressources INC qui n’a aucun lien avec la société FCP. Voilà la vérité.

Les auteurs de l’article auraient pu aussi nous dire comment Medex, cette autre « minuscule » société est arrivée sur le domaine minier algérien, bien avant le lancement des six appels d’offres ! Cela, ils ne le diront pas. Et pourquoi ?

Ironie de l’histoire, Medex a atterri en Algérie par la grâce de la consultation restreinte et de la négociation directe en 2000 pour se voir octroyer le périmètre de Bordj Omar Driss. Pis, tout son personnel technique et managérial à l’époque était algérien ! L’article nous apprend d’ailleurs qu’un ancien président directeur général de Sonatrach à mis son savoir-faire au profit de cette « petite » société tunisienne !

Question : Revenons aux six appels d’offres pour l’octroi des blocs d’exploration, pourquoi avez-vous décidé de lancer la consultation sous l’égide de loi 86-14 qui prône la négociation au lieu d’attendre la modification de cette loi ?

Chakib Khelil: La préparation de la loi 05-07 a nécessité un long travail d’expertise, des consultations incessantes avec toutes les parties prenantes nationales et une première expérience sur le terrain pour tester l’appel d’offres comme mode de consultation et d’octroi séance tenante des blocs d’exploration. Nous n’avons donc pas hésité à lancer six appels d’offres sous le régime de la loi 86-14 pour tirer des enseignements devant servir à construire la nouvelle loi sur les hydrocarbures adoptée en 2005.

Lorsque le principe de la négociation directe, précédé de la consultation restreinte, a été banni de nos pratiques, pas moins de 200 compagnies pétrolières ont manifesté leur intérêt pour les six appels d’offres sous l’égide de la loi 86-14 et les quatre appels à la concurrence organisés sous l’égide de la loi 05-07. Ce résultat spectaculaire est le fruit de la transparence et de la saine compétition entre les compagnies pétrolières.

On s’enorgueillit dans l’article d’avoir suscité, grâce à la loi 86-14 modifiée par la loi 1991-21 et sur une période de 15 ans, l’intérêt de 129 compagnies pétrolières pour le domaine minier algérien et la signature de 26 contrats d’exploration. Mais à quel « prix », quand on sait que les contrats ont été négociés avec les compagnies sélectionnées « arbitrairement » et conclus sans aucune clause garantissant la prise en compte de l’évolution de prix du baril, qui était alors de 19 dollars ?
Or, on a bien vu que la décennie suivante a été marquée par un prix du pétrole qui culminait à plus de 100 dollars pour atteindre 147 dollars en 2008. Les contrats de partage de production tels qu’ils avaient été rédigés, sur la base d’un prix bas, allaient pénaliser lourdement l’Etat dès que les prix ont dépassé 30 dollars le baril. Il a fallu y remédier avec l’amendement en 2006 de la loi 05-07 qui a introduit la taxe sur les profits exceptionnels (TPE) et qui a permis à l’Algérie de récupérer 17 milliards de dollars à ce jour !

Libre aux auteurs de l’article, qui s’autoproclament pourtant « gardiens du temple », de considérer la TPE comme « illégitime » pour son effet rétroactif ! il n’en reste pas moins que les compagnies ENI, CEPSA, REPSOL, PERTAMINA, ANADARKO, MAERSK et HESS ne l’ont pas trouvé illégitime. Elles payent la TPE !

Question : On vous reproche d’avoir « réussi à créer le vide dans le secteur pétrolier » en vous débarrassant des « cadres qui ont eu une certaine expérience dans la gestion des affaires de Sonatrach ». Sont cités dans l’article particulièrement Abdelmadjid Attar, Abdelhak Bouhafs, Nazim Zouioueche et Nordine Cherouati. Que répondez -vous de cette accusation ?

Chakib Khelil: Ce sont des contre-vérités qu’on nous sort quinze ans après !
Ce sont des hauts cadres à qui on doit du respect pour tout ce qu’ils ont donné à Sonatrach et au pays. Aucun d’eux n’a fait l’objet d’une quelconque marginalisation ou mise à l’écart arbitraire comme on le prétend.

• Monsieur Abdelmadjid Attar était ministre dans le même gouvernement que moi en 2003. Auparavant, en 2000 et 2001, il n’exerçait pas à Sonatrach.
• Monsieur Abdelhak Bouhafs, a été remplacé en 2001 sur une décision du Président de la République. J’ai donc assuré la présidence de Sonatrach tout en étant ministre de l’énergie et des mines.
• Monsieur Nazim Zouioueche, a participé en tant que mon conseiller à la préparation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures et il était pressenti pour diriger l’agence Alnaft. Il a préféré choisir une autre voie que celle de l’administration.
• Monsieur Nordine Cherouati, a été nommé, sous ma responsabilité, successivement Secrétaire Général du ministère de l’énergie et des mines en 2000, puis représentant de Sonatrach auprès de Mariconsult à Milan, premier président de l’ARH et enfin président directeur général de Sonatrach en mai 2010.

Je vous laisse donc le soin d’en juger.

Question :La même reproche vous est fait au sujet du « patron du service juridique de Sonatrach » qui aurait rédigé tous les contrats d’association ?

Chakib Khelil: Là aussi, il s’agit d’une contre vérité tendancieuse.
Le directeur central juridique de Sonatrach, Monsieur Hassan Yacine c’est de lui qu’il s’agit, n’a jamais été mis à l’écart. Bien au contraire, en 2002 j’ai adopté un nouveau schéma d’organisation de Sonatrach et je l’ai confirmé à son poste de directeur central juridique.

Son départ à la retraite, survenu peu de temps après, l’a été de sa propre volonté car il venait de s’engager en secret avec le cabinet juridique Thompson & Knight pendant qu’il était encore directeur à Sonatrach ! Lorsque Thompson & Knight avait annoncé son recrutement sur le site du cabinet, il a précipité son départ à la retraite.

Enfin, ce qui est frappant chez les auteurs de l’article c’est leur propension à glorifier des personnes bien précises ( !) et à mépriser tout le reste du collectif des cadres de Sonatrach. Affirmer que tous « les contrats d’association signés par Sonatrach étaient rédigés par une seule personne », en l’occurrence le directeur juridique de Sonatrach, est véritablement stupide. Cela révèle le caractère dédaigneux des auteurs à l’égard de ceux qu’ils considèrent comme des « faire- valoir » ou des « incompétents ». Or, c’est grâce à l’équipe juridique de Sonatrach appuyée par les équipes d’ingénieurs et d’économistes de l’entreprise que les contrats d’associations ont été mis au point et proposés à la signature. Cela, tout le monde le sait à Sonatrach et au ministère de l’énergie et des mines. Ce « superman », affublé de « patron », a peut être d’autres « atouts » dont nous ignorons la nature et l’influence sur le bonheur de Sonatrach !

Question : Vous auriez pris les commandes de Sonatrach en même temps que vous cumuliez la fonction de ministre dans le but dit-on de régner en maitre absolu. L’Algérie serait le seul pays de l’OPEP à vivre cette expérience de cumul. Que répondez-vous à ces assertions?

Chakib Khelil: Le cumul a été adopté par l’Algérie à maintes reprises pour des considérations de cohérence de sa politique énergétique et de la bonne gouvernance du secteur des hydrocarbures. N’oublions pas que le ministre chargé du pétrole, et c’est aussi le cas dans la plupart des pays, est le président de l’assemblée générale de la compagnie nationale d’hydrocarbures.

Contrairement à ce qui est affirmé, certains pays de l’OPEP dont le Venezuela par exemple ont adopté ce mode de gouvernance qui voit le ministre du pétrole diriger la compagnie nationale d’hydrocarbures.

Dans le cas qui me concerne, l’option du cumul a été dictée par l’exigence de réussir la réforme du secteur des hydrocarbures et ma mission a été de courte durée (trois ans) puisqu’en mai 2003 un nouveau président directeur général a été installé à Sonatrach.

Quant à la nomination des « électriciens » – encore ce mépris caractéristique des auteurs !- il n’a rien d’anormal. Il ne s’agit pas d’un ministère du pétrole mais de l’énergie, c’est-à-dire avec aussi l’électricité.

Question : On vous tient pour responsable de la libéralisation du secteur de la distribution des produits pétroliers et de l’ouverture du réseau des stations-services au secteur au privé. Seriez-vous l’homme de la privatisation qu’on soupçonne ?

Chakib Khelil: Cette affirmation aussi ne correspond pas à la réalité puisque l’ouverture au secteur privé des activités de stockage et de distribution des produits pétroliers a été décidée bien avant ma nomination au poste de ministre de l’énergie et des mines. C’est le décret exécutif n° 97-425 du 17 novembre 1997 qui a consacré l’ouverture de cette activité à l’investissement privé.

Quant aux intentions qu’on veut me prêter d’avoir tenté de privatiser Naftal et certaines activités, je ne sais d’où ils sortent ce genre d’inepties. Contrairement à ces allégations, toute notre action visait au renforcement continuel des activités aussi bien du groupe Sonatrach que de celui de Sonelgaz. Il n’a jamais été question de céder les actifs de nos sociétés, même pas de celles qui ne sont pas dans le cœur de métier de notre secteur. Au contraire, j’ai dû racheter in extremis plusieurs filiales du groupe Sonatrach et Sonelgaz qui allaient être mises à la vente dans le cadre du programme de privatisation du gouvernement.

Question : Il est dit que, grâce à des brèches que vous auriez ouvertes dans la réglementation, vous avez favorisé pour la première fois l’introduction des sociétés étrangères dans la distribution et le raffinage en Algérie et on cite les Qataris de Waqood et les Chinois de CNPC. Est-ce le cas ?

Chakib Khelil: Je vous répète que l’ouverture du secteur de la distribution des produits raffinés est le fait du décret exécutif de novembre 1997. L’autre mensonge de l’article concerne l’introduction des sociétés étrangères dans la distribution en Algérie. C’est au début de l’année 1999, avant mon arrivée au ministère de l’énergie et des mines, qu’une première autorisation d’exercice de l’activité de stockage et de distribution des lubrifiants a été délivrée au nom d’ELF OIL, transférée par la suite au nom de TOTAL LUB ALGERIE en vertu de ce décret de 1997 !

S’agissant des Qataris de Waqood, ils avaient manifesté leur intérêt pour réaliser 42 stations services dans le cadre du projet de l’autoroute Est-Ouest car ils voyaient dans ce projet une opportunité d’affaire et pour l’image de marque, à travers un investissement dans des infrastructures de standing, comme ils le font souvent dans d’autres pays, notamment développés.

Quant au projet intégré qui a vu les Chinois de CNPC s’associer avec Sonatrach pour réaliser la raffinerie d’Adrar, il avait un caractère stratégique dans la mesure où, d’une part, il apportait une solution à l’exploitation de nombreux petits gisements de la région déjà connus depuis 20 ans, mais que l´éloignement avait disqualifiés et, d’autre part, de doter la région d’une raffinerie pour l’approvisionnement des wilayas limitrophes en produits raffinés.

Ce projet de la raffinerie d’Adrar a fait l’objet d’un appel d’offres national et international. Aucun investisseur national, même pas Naftec, n’a exprimé son intérêt pour ce projet en raison des facteurs de risques que seuls des grandes compagnies comme CNPC pouvaient maitriser. Il a fallu beaucoup de courage, de conviction, de volonté et de persuasion pour faire aboutir un tel projet complexe qui emploie aujourd’hui beaucoup de citoyens algériens.

Lorsque les auteurs de l’article jugent ce projet modèle comme une « duperie » dont seraient victimes les Chinois, en usant même d’une expression locale vulgaire pour discréditer leur pays, ils finissent par se trahir en exprimant leur sentiment anti-national.

La compagnie CNPC qui a cru en ce projet et qui nous a accompagné dans sa réalisation, malgré toutes les difficultés nées tout au long de sa construction et de son exploitation, a mesuré l’impact que ce genre de projet pouvait avoir sur son expérience en Algérie particulièrement lorsqu’il s’agit du développement des régions éloignées du sud.
Pour avoir relevé avec Sonatrach ce grand challenge, nous n’avons pas manqué de témoigner toute notre reconnaissance à la compagnie chinoise CNPC.

Question : Toujours dans le même registre, on vous reproche d’avoir « bradé » le prix de cession du gaz destiné à la pétrochimie au profit d’investisseurs étrangers. Qu’en est-il réellement ?

Chakib Khelil: Dans le cadre de la valorisation de nos hydrocarbures par le développement de la pétrochimie, un prix du gaz attractif reflétant son cout réel a été fixé par un décret en décembre 2007, ce qui a permis d’intéresser plusieurs sociétés qui ont investi dans la fabrication de fertilisants pour leur emploi dans l’agriculture. Sonatrach est partie prenante dans le partage des bénéfices réalisés par la compagnie conjointe dans la vente des engrais Cela a contribué à diversifier notre économie et à réduire notre dépendance vis-à-vis des importations. Tous les pays producteurs d’hydrocarbures qui ont décidé de promouvoir la pétrochimie ont agi sur le prix de la charge (gaz) qui dans certains cas est très symbolique : le gaz étant dans ce cas un avantage comparatif pour le développement des IDE. Ces projets ont fait l’objet d’un examen et d’une approbation par le Conseil National de l’Investissement (CNI).

Question : Il y a encore d’autres questions qui méritent des éclaircissements mais nous aimerions vous laisser conclure sur d’autres aspects qui ont retenu votre attention.

Chakib Khelil: Au risque de me répéter, pas un mot, pas une phrase, pas un paragraphe de cet article de mauvais goût ne correspond à la vérité des faits qui ont marqué la vie glorieuse de Sonatrach et celle de ses dirigeants, de ses cadres et de son collectif.

Je trouve insupportable que l’on discrédite à ce point notre formidable potentiel humain dans l’unique but de nous avertir que « Le pays a tout intérêt à se rapprocher plus de la loi antérieure … » (entendu la loi 86-14 chère aux négociateurs) et que « L’Algérie a besoin de faire appel aux enfants de son secteur pétrolier et aux experts les plus avérés … » (entendu le retour des négociateurs)

En se prenant au jeu, les auteurs de l’article se mandatent volontiers et s’engagent au nom des anciens responsables de « révéler sans gêne au peuple algérien les conditions dans lesquelles avaient été négociés les accords … » avec les compagnies pétrolières. Formidable ! Alors qu’attendent ces anciens responsables pour nous dire comment ils sélectionnaient et comment ils négociaient avec les entreprises étrangères ? Je mets au défi les auteurs de l’article de publier sur ce site les témoignages du « patron des services juridiques » et des anciens dirigeants de Sonatrach sur la négociation des contrats cités.

Ces « esprits autoproclamés supérieurs» ne se rendent même pas compte des énormités qu’ils collectionnent à longueur de mensonges déversés, de confusions et de contradictions. J’ai relevé le meilleur morceau choisi de leur philosophie qui stipule : « Le pays doit saluer les efforts des responsables de l’époque. Car, ce n’était pas la loi qui leur dictait la démarche à suivre, mais plutôt leurs compétences et leur sens patriotique ». Cette grave révélation, si elle exprime aussi le sentiment des responsables dont il est fait allusion, témoignerait de l’esprit irresponsable des uns et des autres dans la mesure où ils considèrent leur pouvoir supérieur à la loi. Peut être que le pouvoir de négocier les contrats avec les firmes étrangères leur confère un droit supérieur ?

Entretien réalisé par Mehdi Messaoudi, Zakaria Habibi et Ahmed Oukili