Ciblage des subventions : Abderrahmane Raouya sur les pas de Chakib Khelil

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Profitant du débat autour du Projet de loi de Finances 2019 au niveau de l’hémicycle de l’APN, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya a fait savoir devant les députés, que le Trésor public ne peut plus supporter le poids des sommes colossales destinées aux subventions à outrance des produits de consommation. Pour le premier argentier du pays que les équilibres internes et externes ainsi que les finances publiques «ont été mis à rude épreuve depuis le deuxième semestre 2014», avec l’incapacité d’assurer de larges subventions aux différentes catégories, sans distinction aucune».
Le ministre estimera qu’il est nécessaire d’opter pour une étude efficiente pour mettre en place les mécanismes adéquats susceptibles d’accorder uniquement les subventions aux couches sociales nécessiteuses et vulnérables. Une approche tant défendue par l’ancien ministre de l’Energie Chakib Khelil, qui ne cessa de revendiquer la nécessité d’opter pour le ciblage des subventions, seules solutions de garantir la transparence de la destination de l’argent des subventions de l’Etat et par voie de conséquence, protéger le pouvoir d’achat des faibles revenus, permettant l’ancrage d’une véritable justice sociale. Sur ce registre, il faut bien relever, que les subventions de l’Etat consacrées aux produits de consommation, profitent plus aux nantis qu’aux pauvres.
Pour le ministre des Finances, le recours au ciblage des subventions permettra sans aucun doute l’équilibre budgétaire, tout en garantissant la politique sociale de l’Etat.
Pour Raouya, la politique de subventions à partir des transferts sociaux et aides directes ou indirectes sera consacrée «aux catégories vulnérables, en allégeant l’impact négatif de la hausse progressive des prix sur ces catégories, à travers un programme d’indemnisation de la population affaiblie par les réformes escomptées».
Le ministre affirme que les pouvoirs publics sont «conscients» de l’importance du ciblage des subventions, «qui doivent être destinées aux catégories démunies et nécessiteuses qui ont réellement besoin d’aides effectives. Nous étudions possibilité d’alléger l’impact progressif de la hausse des prix sur ces catégories et de préserver leur pouvoir d’achat» dira-t-il. Pour en arriver là, il est important selon Raouya de consolider le rôle des dispositifs de contrôle, dont les services de contrôle financier qui revêtent un caractère «anticipatif», «préventif» et «consultatif» , citant
la loi organique 15/18 du 30 octobre 2018 relative aux lois de finances, qui constitue, a-t-il dit, «un cadre général des finances publiques dont l’application nécessite la révision des textes de loi relatifs à l’élaboration des budgets publics et au contrôle des dépenses publiques».