Financement non conventionnel ; La Banque d’Algérie accuse Ouyahia

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Comme nous l’avons souligné à maintes reprises, le recours à la planche à billets n’est nullement une option de sortie de crise structurelle de l’économie algérienne, appelée à mettre sur place les mécanismes appropriés pour sortir de sa dépendance vis-à-vis des revenus pétroliers pour se lancer dans la diversité de l’économie algérienne.
Le recours à la planche à billets signifie une menace récurrente de l’inflation, et un constat d’échec pour l’ancien premier ministre Ahmed Ouyahia, qui se versera dans le populisme et la fuite en avant, dans il a l’art. Le recours à la planche à billets , est un second crime économique commis par Ouyahia après sa politique de démantèlement du tissu économique du pays perpétré durant les années 90, sur injonction des organismes financiers internationaux comme le FMI, la Banque mondiale et les clubs de Paris et Londres, avec comme résultat, des centaines de milliers de travailleurs forcés au chômage. Notre approche vient d’être confirmée deux années plus tard par la peu reluisante Banque d’Algérie et qui indique que l’impression de plus de 6 550 milliards de dinars, est une grave erreur dont elle s’en lave les mains pour accuser Ahmed Ouyahia
Dans un point de situation sur le financement non conventionnel établi le 1er avril dernier et publié ce dimanche soir sur le site de la Banque d’Algérie, cette dernière dit avoir été contre le recours à la planche à billets dès le départ.
« En Algérie, la situation est loin de présenter des similarités avec les cas exposés dans la note (Etats-Unis, Europe, Japon) qui seraient susceptibles de justifier le recours au financement non conventionnel, dans notre Pays », aurait répondu la BA lors de la proposition de cette « solution » en 2017.
Dans sa note, la Banque d’Algérie, revenant sur les circonstances de la mise en œuvre du financement conventionnel, affirme avoir soulevé le caractère « inflationniste » de ce genre de financements.
« La Banque d’Algérie avait suggéré, dans sa réponse, entre autres, des démarches alternatives, telle que l’instrumentation, dans la phase intermédiaire, de l’article 53 de l’Ordonnance relative à la monnaie et au crédit, prévoyant la possibilité de placer une partie de ses fonds propres, en titres émis ou garantis par l’Etat », indique le document. Et d’ajouter: « Cette démarche était, par ailleurs, dûment confortée par le versement de dividendes substantiels et prévisibles, au profit du Trésor (610 milliards de DA en 2016 ; 920 milliards de DA en 2017 et 1.000 milliards de DA en 2018). »

Les réserves de la Banque d’Algérie
Affirmant avoir adapté sa politique de manière à freiner les effets inflationnistes de la planche à billets, la Banque d’Algérie estime cependant le montant injecté dans l’économie reste inférieur.
« Au total, sur le montant global mobilisé à ce jour, de 6.556,2 milliards de DA, seul un montant de 3.114,4 milliards de DA, a été injecté dans l’économie », lit-on.
Malgré le recours à un dispositif aux effets inflationnistes, la BA affirme contrôler la situation, en stérilisant les excès de liquidités résultant de la planche à billets. Ainsi, à fin février 2019, la liquidité globale des Banques s’établissait à 1.895,6 milliards de DA.
La Banque d’Algérie conclut en soulignant que « l’inflation sur la période 2017 à ce jour, a connu une évolution maîtrisée. En effet, mesurée par l’indice des prix à la consommation, l’inflation, en moyenne annuelle, est passée de 5,6% en 2017, à 4,3% en 2018 et à 4,1% en février 2019. »