Gaid Salah enterre les dernières illusions des marchands de la transition

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Les réactions hostiles à la sortie médiatique du Chef d’état-major de l’ANP, le général des corps d’armée, n’ont pas tardé à se faire connaître, notamment ceux qui plaidaient pour les périodes de transition et la Constituante comme le président du RCD, Mohsen Belabbes. Ce dernier, d’un ton ironique, accuse implicitement le Chef d’état-major de l’ANP, via son compte Tweeter, d’exercer des pressions sur le Chef d’Etat pour convoquer le corps électoral pour la présidentielle dont la tenue serait le mois de décembre, conformément aux délais constitutionnels. Selon Mohsen Belabbes, le Chef d’état-major de l’ANP, s’obstine à la solution constitutionnelle, et qui serait à ses yeux, une violation des aspirations des patriotes soucieux du devenir national. Une approche à la limite de la débilité intellectuelle et insulte à l’intelligence des algériens, qui ne cessent de revendiquer la solution des urnes, à travers l’attribution de toutes les prérogatives pour la tenue d’une élection libre et transparente à une commission indépendante d’organisation et de supervision des élections, dans les plus brefs délais, pour éviter au pays les menaces d’instabilité politique et socioéconomique, que génèrent les périodes de transition . Cette solution enterre à jamais les plans du RCD et autres partis, isolés par le Hirak et la mise hors d’état de nuire de l’Etat profond et la bande.
Ainsi, l’ANP, digne héritière de l’ALN, forte de son ancrage populaire et sa détermination à respecter la Constitution, est la seule armée du monde, qui veut absolument écourter la transition, pour se remettre sur les rails de la stabilité politique. Idem pour le président du Front pour la Justice et le Développement PJD, Abdallah Djaballah, qui estimera que la proposition du Chef d’état-major de l’ANP, d’aller vers des élections présidentielles, dans les plus brefs délais, est une précipitation, sachant que l’appel de l’ANP, pour la tenue d’élections présidentielles, date depuis la destitution de Bouteflika, le 2 avril dernier. S’obstiner à dresser des barrières pour aller vers le verdict de l’urne pour élire un nouveau président fort de sa légitimité populaire, capable de mettre les jalons pour la réforme du système politique, en vue de l’édification d’un Etat, fort de la puissance de ses institutions, est un signe révélateur sur la fragilité des partis comme celui de Djaballah, ou Belabbes qui n’ont rien à proposer au peuple, sauf ce discours creux, sans issue et qui ne fait que l’affaire des officines étrangères qui voient d’un mauvais œil la sortie de l’Algérie du joug de certaines officines, et la montée en puissance de son armée, dont le professionnalisme et la maîtrise de la technologie, dérange. Les authentiques algériens devront être fiers de leur armée, qui a réussi ces dernières années à fabriquer son propre parc roulant, allant même doter d’autres services de sécurité d’équipements pour éviter le recours à l’importation. Comme nous l’avons souligné , dès le début du Hirak, les forces du mal, bien ancrées au sein de l’Etat profond, soutenues par des pays comme la France, le Qatar et la Turquie, visent l’ANP, et ne s’intéressent nullement au sursaut démocratique dans notre pays, comme le confirme la dernière analyse sur la situation politique de d’Algérie, publié, samedi 24 août 2019, dans « Arab Weekly », dont le journaliste croit savoir que la France ne souhaite voir la démocratie régner dans le plus grand pays d’Afrique.« Le 22 août a marqué six mois depuis le début de la révolte populaire, appelée Hirak, contre le régime, révolte qui a surpris la France, l’Union européenne, les États-Unis et les pays arabes, y compris les pays voisins de l’Algérie », a observé le journaliste Ghiles. . Selon lui, « De nombreux hauts responsables français se sont convaincus que la démocratie rendrait l’Algérie plus anti-française ». Les derniers développements, concernant l’ingérence de certains pays dans les affaires internes en Algérie, comme la France via ses relais politico-médiatiques de la cellule néocolonisée , ainsi que le Qatar via les résidus du FIS dissous , et la confrérie des frères musulmans, version algérienne fidèle à Abderrazek Makri et qui vient de sortir son chéquier pour financer et surmédiatiser ses relais subversive en vue d’une éventuelle « désobéissance civile » qui paralyserait le pays à l’occasion de la rentrée sociale. Si la sortie étudiée de Gaid Salah du 2 avril 2019, était venue pour l’application de l’article 102 de la Constitution, celle du 2 septembre 2019, est venue à point nommé pour matérialiser les articles 7 et 8 de la Constitution, l’une des principales revendications populaires du Hirak , et qui passe inéluctablement par le verdict de l’urne, prévu le mois de décembre prochain. Gare aux retardataires, qui rateront le rendez-vous de l’histoire d’édification d’un véritable Etat de droit et d’une seconde république fondée sur les valeurs de novembre
M.Mehdi