Interdiction du concert d’Aziza Brahim : Le Polisario réagit

123

Le Front Polisario vient de réagir à l’annulation du concert de l’artiste-interprète sahraouie, Aziza Brahim par l’institut du Monde Arabe, dirigé par Jack Lang.
Selon un communiqué transmis à notre rédaction, le Polisario, estime que la décision d’annulation du concert par l’IMA a été prise suite aux pressions publiques et privées émanant du Maroc. Le Directeur de l’IMA, n’a semble-t-il pas été en mesure de résister à ces fortes pressions marocaines à la fois politiques et financières.
L’IMA comme son directeur et sans doute les chargés de programmation sont pourtant porteurs d’exigences culturelles comme de la défense de la liberté d’expression et de création. A sa place spécifique, cette institution culturelle est chargée de promouvoir les échanges, les passages culturels entre le peuple français et les peuples du Monde arabe. Sur pression d’un Etat étranger, comment l’IMA a-t- elle pu compromettre ce rôle éminent et unique ? Cette annulation jette un voile sur cette institution incapable de défendre son indépendance culturelle, qui aura beaucoup de mal à s’effacer.
Derrière l’Ambassade du Maroc à Paris, des acteurs culturels privés marocains ou proches du Maroc, se sont donc mis au service du Makhzen et de ses va-t-en guerre pour empêcher une expression culturelle sahraouie. Il ne suffit pas aux autorités marocaines d’empêcher toute expression de liberté pour les Sahraouis habitant le Sahara occidental occupé, il doit aussi l’imposer aux institutions culturelles françaises. Comment ne pas s’étonner, qu’un pays comme la France, qui a construit sa modernité sur les libertés d’expression, de conscience, tolère de telles pressions?
La Représentation du Front Polisario en France condamne fermement cette annulation qui contredit la promotion de la culture et de la paix et souligne que de telles pressions manifestant intransigeance et violence, sont exercées alors que l’envoyé personnel des Nations Unies pour le Sahara occidental, est en train de préparer un deuxième round de rencontres entre le Front Polisario et le Maroc, avec le soutien du Conseil de sécurité pour tracer les chemins d’une solution politique respectueuse du droit international.
La Représentation du Front Polisario rappelle que la décision de l’IMA a été précédée par une autre décision du centre Gorges Pompidou annulant un autre acte culturel et artistique évoquant le Sahara occidental et son peuple. Nous ne sommes pas loin de ce qu’on pourrait appeler une politique de « chasse aux sorcières », pratiquée par plusieurs institutions culturelles françaises empêchant tout ce qui peut faire connaître en France le Sahara occidental, son peuple, sa culture ; « l’amitié » ou plutôt « les intérêts » que la France entretient avec le Maroc, son t-elles à ce prix?