Jacob Cohen à AlgérieTouteHeure : »L’agression verbale d’Alain Finkelkraut est une bénédiction pour l’Oligarchie »

2132

Après l’instrumentalisation des changements des régimes, c’est autour de l’instrumentalisation de l’antisémitisme en vue de servir l’entité sioniste et son hégémonie. La Pologne qui vient d’abriter une rencontre anti-Iran, n’a pas échappé à cette instrumentalisation, puisqu’elle est qualifiée d’Etat anti-Shoah, au même titre que le mouvement citoyen des Gilets Jaunes en France. Pour en savoir plus, AlgérieTouteHeure a interrogé, l’auteur et journaliste Jacob Cohen, victime de la propagande des Sayanems en France

AlgérieTouteHeure: Tout d’abord, nous relevons que la Mainstream compte coller l’étiquette d’antisémites aux Gilets Jaunes, un mouvement citoyen en France, revendiquant plus de justice sociale ?
Jacob Cohen:Depuis le tout début du mouvement des Gilets Jaunes, l’Oligarchie a cherché les moyens de les diaboliser, de les décrédibiliser, de les humilier. Il y a eu de grandes campagnes méprisantes dans les médias et les cercles du pouvoir. On les a traités de « populistes », de « gueux » et enfin d’ « antisémites » car quelques manifestants avaient fait une « Quenelle ». Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation, avait suggéré d’arrêter le mouvement en tirant sur les manifestants à balles réelles. Ce mouvement remettait en cause la bonne conscience des possédants.

ATH:Alain Finkielkraut, est présenté en France comme victime de racisme, alors que vous et certains intellectuels et artistes, subissent depuis des années une guerre sans merci par le Crif et les lobbys sionistes, pour des raisons liées à vos positions ?
Jacob Cohen:L’agression verbale d’Alain Finkelkraut est une bénédiction pour l’Oligarchie. On a enfin la preuve des dérives « antisémites » du mouvement. Or Finkelkraut a été insulté en tant que sioniste, ce qu’il revendique, et jamais en tant que juif. Mais l’amalgame est vite fait. Et certains députés veulent faire interdire l’antisionisme. La très grande majorité de la classe politique a pris fait et cause pour le « philosophe » mais cela ne fera que creuser le fossé entre l’establishment et les classes populaires.

AT: Benjamin Netanyahou sera bientôt accueilli au Maroc, votre pays natal, qu’en pensez-vous ?

Jacob Cohen:Oui, il y a des chances que Netanyahou se rende au Maroc. Je ne sais pas encore si cela se fera avant les élections israéliennes du 9 avril. Netanyahou vient de subir une défaite diplomatique cuisante. Le sommet qui devait se tenir mardi à Jérusalem avec les 4 dirigeants du bloc de Visegrad a été annulé suite aux propos violemment anti-polonais tenus par le ministre sioniste des Affaires étrangères.
ATH: L’entité sioniste mène depuis quelques temps une offensive diplomatique dans le monde arabe, Afrique et Amérique Latine, est-ce le retour à l’hégémonie américano-sioniste ?
Jacob Cohen:Israël a le vent en poupe. En Afrique, rétablissement des relations diplomatiques avec le Tchad. Les Monarchies du Golfe lui mangent dans la main. L’ONU ose à peine bouger et l’Europe craint de prendre la moindre mesure concrète contre cet Etat qui fait peur. L’Amérique se montre généreuse financièrement. Cela peut donner un sentiment d’ivresse invincible au régime sioniste. Je persiste à penser que l’Autorité palestinienne y contribue pour beaucoup en jouant le jeu de la fiction des « 2 Etats ».

ATH: Benjamin Netanyahou courtise de plus en plus les mouvements nationalistes et populistes en Europe, pensez-vous qu’il réussira à inverser la tendance à l’occasion des élections européennes du mois de mai prochain ?
Jacob Cohen:Je ne crois pas. Voir l’échec diplomatique cité plus haut. Ce sont des petits pays à la merci des aides de Bruxelles. Les grands pays européens tentent de maintenir une diplomatie équilibrée sur l’Iran et le Proche-Orient.
Entretien réalisé par M.Mehdi