L’approche sélective de « la justice sélective »

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Les manifestants du vendredi Acte X, ont réitéré l’une des principales revendications, consistant à traduire en justice ceux qui ont pillé les richesses du peuple. Une revendication indispensable au changement du système post-indépendance, pour la naissance d’un pouvoir civil et une deuxième république tant attendue.
Cette revendication se heurte malheureusement au chahut des porte-voix de l’Etat profond composées de certains partis politiques et de certains médias, qui évoquent une justice sélective au lendemain de la mise en détention préventive du patron de Cévital, IssadRabrab, considéré comme le bras droit financier, ou sponsor de l’Etat profond. Ces mêmes porte-voix sont allées plus loin dans le délire du régionalisme et du prétexte d’une justice sélective, au moment elles se versent dans le sélectif, en faisant croire aux algériens que le pillage des richesses des algériens et la corruption sont uniquement exclusifs aux vingt dernières années de règne de Bouteflika.
Les porte-voix n’évoquent jamais le plan de mise à mort de l’économie algérienne, la suppression de centaines de milliers d’emplois à l’origine de la paupérisation des algériens et la mise sur orbite d’empires financières à la solde de l’Etat profond.
Ces mêmes voix n’évoquent nullement aujourd’hui la justice d’Adami, ou les dossiers du démantèlement des entreprises publiques au profit du lobby de l’import-import.
Ces mêmes porte-voix se sont accélérées à attaquer le Chef d’Etat-major de l’ANP, favorable à l’accélération des procédures judiciaires à l’encontre des personnes impliquées dans la dilapidation des deniers publics, en vue d’éviter des fuites des capitaux et des auteurs, comme ce fut le cas avec Ali Haddad, l’ancien président du FCE.
De quoi, ont-elles peur, ces porte-voix ? Certainement d’être citées dans les scandales de Khalifa, qui n’a pas encore livré tous ses secrets, ou mieux encore, que la lumière soit faite sur l’enrichissement de certains patrons de journaux, de partis politiques, ou d’organisations syndicales et de droit de l’homme.
Ces mêmes porte-voix seront rattrapées par l’ouverture des dossiers de financement des partis politiques et organisations syndicales et de droits de l’homme à partir de l’étranger.