Le MAK, sous les auspices du Mossad

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Dans son livre « Mossad en Algérie » l’auteur français Philippe Gourmet, évoque les opérations secrètes des services des renseignements sionistes depuis 1956, avec l’avènement de la glorieuse révolution du premier novembre et son impact sur les rapports de force dans le monde arabe, Maghreb et Proche-Orient.
Sur ce plan, AlgérieTouteHeure mettra l’accent sur les rapports étroits liant les services de renseignements sionistes et certains mouvements séparatistes de la région, dont le MAK, du fantoche et maître-chanteur Ferhat M’henni, compte tenu de la conjoncture actuelle que vit le pays et les menaces qui guettent l’unité du peuple et la sécurité de la totalité du territoire.
Philippe Gourmet évoque le livre paru aux Etats Unis d’Amérique «Périphérie: Israël à la recherche d’alliés au Moyen-Orient », de l’ancien officier des services secrets sionistes Yossi Alpher, qui révèle que le Mossad a bien noué des relations avec des berbéristes d’Algérie et du Maroc, afin de maintenir ces pays sous pression.
En effet, Yossi Alpher a révélé dans son livre intitulé ‘Periphery: Israel’s Search for Middle East Allies’, paru début 2015, aux éditions ‘Hardcover Books’ aux USA, qu’Israël avait depuis les années 60, mis au point une stratégie dite la ‘Doctrine des périphéries’, avec pour objectifs à long terme son désendiguement géopolitique.
Consciente qu’elle n’est entourée que par des pays arabes qui lui sont hostiles.
Israël, indique l’ancien officier du Mossad, avait opté pour le développement de ses relations avec des pays ceinturant le Moyen-Orient, comme le Maroc, la Grèce, la Turquie et l’Iran du Chah. Un autre volet de cette stratégie, concernait des groupes ethniques et confessionnels vivant au sein des pays arabes.
Selon Yossi Alpher, Tel-Aviv avait travaillé à nouer alliances chez les
mouvements amazighistes en Afrique du Nord (Maroc et Algérie), afin de maintenir ses pays sous pressions. De même fut avec les maronites aux Liban,les Kurdes en Irak et les sud-soudanais qui avaient finis par se séparer du Soudan.
Dans son livre, Yossi Alpher a consacré un chapitre entier au Maroc. Il a considéré le royaume comme un pays clé dans cette stratégie sioniste des périphéries.
L’ancien espion sioniste a expliqué ainsi que très tôt, Israël aurait tout fait pour gagner la confiance du Maroc et gagner par la même sa collaboration notamment en matière de renseignement. Cette relation, indique-t-il, aurait été particulièrement facilitée par la communauté des maroco-israéliens qui compte parmi les plus nombreuses en Israël. Le Maroc, conclut Yossi Alpher, a permis à Israël, de mieux comprendre ‘‘ce qui était en dynamique au sein du monde arabe’’.
Yossi Alpher avait en mars dernier, été l’invité du ‘Belfer Center for Science and International Affairs’, un centre de recherche, relevant de la ‘John F. Kennedy School of Government’ de l’université de Harvard . Il y a donné présentation de son livre dont suivant, l’enregistrement audio
Un travail qui entre dans le cadre de sa stratégie dite la «doctrine des
périphéries», avec pour objectif à long terme le «dés-endiguement géopolitique» de l’Etat hébreu. L’officier israélien confirme par-là les relations entre le portevoix du «Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie», Ferhat Mehenni, avec les services de renseignement israéliens.

Gouvernement provisoire kabyle
.
Fondé par le chanteur engagé Ferhat Mehenni, 61 ans, le MAK entretient depuis longtemps des relations avec des organisations sionistes, ce qu’il a toujours démenti, notamment en mai 2009, quand le quotidien algérien Ennahar, a révélé qu’il s’est réuni à l’ambassade d’Israël à Paris, avec des agents du Mossad et des services secrets américains.
L’activisme débordant de Ferhat Mehenni s’est traduit le 1 juin 2010 par la création, à Paris, de l’Anavad, ou « Gouvernement provisoire kabyle en exil
(GPK)», dont il s’est fait élire président. En Kabylie, le MAK est dirigé par Bouaziz Aït-Chebib, 39 ans, licencié en sciences politiques, ancien militant du Mouvement culturel berbère (MCB) et du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD).

Depuis son installation en France, M’henni se découvre de plus en plus. En avril 2011, il est allé aux Etats-Unis chercher un appui diplomatique. Le programme de ses rencontres était organisé, a-t-on dit, par des membres de l’AIPAC, le lobby pro-israélien américain. Au menu : un discours devant l’instance permanente des peuples autochtones de l’ONU, des entretiens avec la coprésidente
du Caucus antiterroriste de la Chambre des représentants, le Président de la Commission du renseignement pour le Moyen-Orient au Congrès, et des dirigeants des think tanks comme la Heritage Foundation et l’Institute of World Politics. Des rencontres étaient également prévues au Pentagone et au Conseil national de sécurité, mais selon la chaîne Fox News, ces deux dernières demandes seraient restées sans réponse.
En février 2012, le GPK est allé plus loin. Dans une lettre ouverte à Hillary Clinton, venue à Alger suivre les préparatifs des législatives de mai, il a demandé à la Secrétaire d’Etat «de bien vouloir porter la revendication légitime de la Kabylie au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU», décrivant la région comme «un pays annexé à l’Algérie par la France coloniale… un pays qui a existé bien avant l’Algérie» et assimilant l’armée algérienne à une armée d’occupation.
Ferhat M’henni, dont les tentatives de couper la Kabylie du reste de l’Algérie sont vouées à l’échec, était allé chercher en Israël un soutien que lui avaient certainement suggéré les services secrets marocains, lesquels voient en lui le «pion» dont les idées séparatistes pourraient amener l’Algérie à réviser sa position sur l’affaire du Sahara Occidental.
Traînant déjà de lourds soupçons de connexion avec des officines de pays étrangers, depuis la création du MAK, puis du GPK (gouvernement provisoire kabyle), Ferhat M’henni enchaînait des sorties publiques à travers lesquelles il affichait clairement sa proximité avec le lobby sioniste en France, et en prenant des positions favorables à la politique d’entité sioniste dans la région. Sa visite à Tel-Aviv, en mai 2012, a été le couronnement logique d’un enrôlement, plus qu’un acte de provocation.
Il a passé quatre jours à Tel-Aviv et à Al Qods, accompagné par Lyazid Abid,son «ministre des Affaires étrangères». Il s’y est entretenu avec des sionistes purs et durs, voir pire : Danny Danon, vice-président de la Knesset, Uzi Landau,ministre de l’Energie et de l’Eau, et des membres de la division Afrique du Nord ;du ministère des Affaires étrangères. A côté de Danon, également président du
Likoud mondial, Benyamin Netanyaou fait figure de mou.
Landau, ancien ministre de la Sécurité intérieure d’Ariel Sharon en 2001 – qui a rejoint en 2008 le parti ultra raciste Yisrael Beiteinu d’Avigdor Lieberman , est du même acabit. Le choix de ces personnalités pour rencontrer M’henni ne doit rien au hasard, l’organisateur du voyage étant Jacques Kupfer, ancien chef de la
section française du Betar, milice armée sioniste d’extrême droite.
Dans une interview accordée au quotidien sioniste Jerusalem Post, il a déclaré sa totale allégeance à Israël. «Les Kabyles ont toujours eu un peu de sympathie pour Israël», a-t-il affirmé. «Cette sympathie, argumente-t-il, s’est matérialisée par le soutien de la Kabylie à l’Etat israélien.» L’ancien maître-chanteur atteste que
«pendant la guerre de 1967, la Kabylie a applaudi la défaite des Arabes».
Il déclare que «lui et son peuple» continueront à poursuivre une «défiance vis- à vis de la loi algérienne qui veut qu’Israël soit boycotté» et souligne qu’il «espère que les relations entre la Kabylie et Israël puissent être intensifiées».
Dans une déclaration à la presse, le gourou du MAK dit ne pas regretter son action et qu’il n’hésiterait pas à retourner à Tel-Aviv «s’il le faut».
Il justifie cette visite par sa volonté d’élargir son cercle de «soutiens» dans lemonde. «Je n’ai jamais pris de contacts avec le Mossad. Mon voyage en Israël s’inscrit dans le cadre de relations d’Etat à Etat. Le Gouvernement Provisoire Kabyle est fondé à plaider en faveur de l’avènement d’un Etat kabyle auprès de tous les pays du monde. La Kabylie et le peuple kabyle ont besoin de se
prendre en main pour ne plus vivre sous la botte et la dictature de générauxalgériens suspicieux et anti-kabyles.»
Dans une interview, Ferhat Mehenni declarait: «La Kabylie ne se sent pas partie intégrante du monde arabo-musulman. Elle s’y refuse au nom de son identité et de ses valeurs. Un intellectuel vient de donner sur un site internet la conclusion de cette visite, et selon laquelle « la Kabylie n’est pas prête à rendre les armes ». Disons qu’elle n’acceptera jamais d’être soumise. La Kabylie, à
travers ce geste, réaffirme sa propre souveraineté sur elle-même. Nous préférons cultiver l’amitié entre les peuples à la place de la haine que l’on prête, à tort ou à raison, à cette nébuleuse arabo-musulmane.»
Sur son visite en territoire palestinien occupé il déclare que « Notre objectif était une simple prise de contact. Israël a son siège à l’ONU, contrairement à la Kabylie du fait d’une injustice historique qu’elle cherche aujourd’hui à réparer. Nous voulons
nouer des relations d’amitié entre nos deux peuples, kabyle et Israélien. Nous cherchons aussi des soutiens politiques et diplomatiques en mesure d’inscrire la question kabyle à l’ordre du jour de l’ONU. Nous avons rencontré le Vice-Président de la Knesset M. Danny Danon, des responsables au ministère des
Affaires Etrangères chargés des dossiers nord-africains, et au niveau ministériel par le Ministre des Infrastructures, M. Uzi Landau. Nous attendons de cette visite une meilleure connaissance de la Kabylie de la part de nos partenaires israéliens et le développement de notre coopération culturelle
et politique entre nos deux gouvernements et nos deux peuples.»
Ferhat Mehenni est revenu de Tel-Aviv gonflé à bloc, avec la conviction «qu’Israël adoptera la Kabylie comme sa soeur». Il ne cache plus qu’en réclamant un référendum d’autodétermination sous l’égide de l’ONU, c’est à la création d’un Etat amazigh pro-occidental qu’il pense. En Algérie, les organisations berbères ne vont pas jusque là et sont loin de cautionner ses liaisons dangereuses.
Sur la radio «Voix d’Israël», des experts militaires israéliens invités à une émission ont prétendus que les revendications du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, dirigé par Ferhat Mehenni, était légales et devraient être soulevés aux institutions internationales y compris les Nations Unies afin qu’elles soient introduites dans l’ordre du jour du Conseil Général, à l’instar de ce que fait l’Algérie qui soutient le Front Polisario et les mouvements de libération en
Palestine. Plus grave encore, lorsque Ben Gourion Taghine, le chargé
d’information du Chebek (Juifs algériens), a demandé de soulever la question du droit au retour d’Israël.
De son côté, le directeur de l’institut des études Hébreux, à Tel Aviv, a déclaré que l’ambassade israélienne a reçue Ferhat Mehenni qui s’est réuni avec le conseiller politique à Paris afin d’étudier le projet de l’autonomie, en présence du Mossad et des services de renseignements américains.
Sous le coup d’un mandat d’arrêt des autorités algériennes, Ferhat Mehenni vit aujourd’hui en exil, d’où il ne cesse de dénoncer l’oppression du pouvoir algérien contre la minorité kabyle, comme il l’a fait à l’ONU, le 26 mai 2009, devant l’instance permanente des peuples autochtones. À Paris, un an plus tard, il proclamait un « Gouvernement provisoire kabyle », l’Anavad, qu’il préside grâce à l’appui de jeunes élites de la diaspora kabyle en Europe et en Amérique du Nord. Ferhat M’henni compte , grâce à ses relais locaux, inféodés aux officines étrangères, détourner les revendications du Hirak, en optant pour le va-tout, même l’option incendiaire, heureusement que l’ANP veillait au grain, réussissant même à déjouer le complot de la bande, dont l’action à l’instar du MAK, est d’affaiblir l’ANP, garante de la souveraineté du pays et l’unité du peuple algérien