Liban: l’extravagant cadeau de Saad Hariri à une mannequin sud-africaine

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Lebanese Prime Minister Saad Hariri addresses the media after announcing the new cabinet during a press conference at the presidential palace in Baabda, east of the capital Beirut, on January 31, 2019. - Lebanon announced a government line-up today, ending an eight-month wait that had heightened fears of a major economic collapse. (Photo by Anwar AMRO / AFP)

Par Benjamin Barthe

Entre 2013 et 2015, le premier ministre libanais a versé 16 millions de dollars à une pin-up de 20 ans qui affirme avoir eu une liaison avec lui.
Au Liban, c’est le scoop du mois et l’un des sujets qui revient en boucle sur les réseaux sociaux. Le New York Times a révélé lundi 30 septembre que Saad Al-Hariri, l’actuel premier ministre du pays du Cèdre, avait versé entre 2013 et 2015 la somme astronomique de 16 millions de dollars à une mannequin sud-africaine qui affirme avoir eu une liaison avec lui. Les informations du quotidien américain reposent sur des documents de la justice sud-africaine qui a enquêté sur cette histoire extravagante.

A l’époque, le quadragénaire libanais, marié et père de trois enfants, était en retrait de la politique. Ce n’est qu’en 2016 qu’il est revenu à la tête du gouvernement libanais, un poste qu’il avait déjà occupé entre 2009 et 2011. Selon le New York Times, le très généreux don de M. Hariri, dont la fortune personnelle était évaluée à 1,9 milliard de dollars en 2013, n’a enfreint aucune loi.

Mais, dans un pays dont l’économie est aux abois, le fait que le chef du gouvernement ait offert un tel magot à une pin-up de 20 ans, nommée Candice van der Merwe, suscite un mélange de colère, de sarcasme et de sidération. Rapportée au salaire moyen libanais, qui tourne autour de 600 dollars, la somme représente plus de 2 200 années de travail…

A l’époque de cette présumée idylle, qui se serait nouée dans un hôtel ultraluxueux des Seychelles, le conglomérat que Saad Al-Hariri dirigeait, Saudi Oger, impliqué dans la construction et les médias, traversait ses premières difficultés. Le politicien et homme d’affaires avait hérité de cet empire à la mort de son père, l’ancien premier ministre Rafik Hariri, assassiné en 2005, qui s’était enrichi en devenant le bâtisseur attitré de la famille royale saoudienne, du temps des rois Fahd et Abdallah.

« Ils ont envie d’étrangler Hariri »
En 2013 notamment, le groupe Hariri ferma la chaîne d’information Future News, signe avant-coureur de l’effondrement de sa branche médiatique, qui comprenait aussi un quotidien et une télévision généraliste. « La chaîne me doit jusqu’à aujourd’hui de l’argent, témoigne une ex-journaliste de Future News. Tous les gens qui étaient avec moi sont extrêmement choqués par cette affaire de don. Ils ont envie d’étrangler Hariri. »