L’OPEP, est-elle dans une impasse ? La réponse de Chakib Khelil

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Compte tenu des derniers développements liés aux fluctuations du prix du baril du pétrole et les inquiétudes exprimées par certains pays producteurs de l’or noir, dont l’Algérie, AlgérieTouteHeure s’est rapprochée de l’ancien ministre de l’Energie, expert des questions énergétiques , le Docteur Chakib Khelil ; pour répondre à la question « L’OPEP, est-elle, dans une impasse ? ».
Nous avons souligné lors de la réunion regroupant les pays membres de l’OPEP et les pays non membres de l’OPEP à Alger, en septembre dernier, que le meilleur scénario pour ses pays, est de prendre aucune décision jusqu’à la rencontre de décembre prévue à Vienne. Avant la tenue de la réunion d’Alger, le président américain Donald Trump avait demandé dans un tweet aux membres de l’OPEP, de réduire les prix du baril du pétrole pour éviter une flambée des prix des dérivés pétroliers aux USA, pour ne pas influer négativement sur les chances de son camp dans les législatives américaines du 4 novembre dernier. Après le tweet de Trump, la Russie et l’Arabie Saoudite avaient décidé d’augmenter leurs productions de plus d’un million de barils / jour, et cela avant l’entrée en vigueur des sanctions américaines contre l’Iran au début du mois de novembre dernier, dont on présageait un impact négatif sur l’offre pour le marché international. Après l’entrée en vigueur des sanctions américaines contre le pétrole iranien au début du mois de novembre dernier, les exportations iraniennes en pétrole ne se sont pas arrêtées totalement puisque Trump avait autorisé certains pays comme la Chine, l’Inde et la Corée du Sud à acheter du pétrole iranien. Compte tenu de cette dernière décision, ajoutée à celle de Moscou et Ryadh d’augmenter leurs productions, le marché international devait faire face à un excédent et surplus, contraignant les spéculateurs à vendre leurs actions, causant par voie de conséquence une chute des cours du pétrole. Le président russe avait déjà annoncé que la Russie est satisfaite d’un prix de baril , oscillant entre 60 et 70 dollars, un prix qu’il l’arrange bien, rappelant que son pays fait face à des sanctions américaines, particulièrement des sanctions financières. Hier, le président Trum a fait savoir dans un tweet que les prix du pétrole, doivent se situer au dessous des prix actuels. Dans le même tweet, il avait indiqué qu’il n’est pas sur qu’il y a un lien entre l’assassinat de Jamal Khashoggi et des hauts responsables saoudiens . ce qui rend complexe, la montée des prix du pétrole selon les experts ; les prévisions sur une baisse de la demande internationale du pétrole, pour l’année prochaine, dans la foulée de la guerre des tarifs douaniers entre la Chine et les USA d’un côté ; l’Europe et les USA d’un autre côté, et de l’offre du pétrole du schiste américain. Le ministre saoudien du pétrole avait souligné insisté sur la nécessité de réduire l’offre actuelle d’un million de barils/ jour, et s’est engagé à réduire la production de son pays d’un demi-million de barils/jour, afin de permettre au marché mondial de gagner en stabilité, autour d’un baril de pétrole à 70 dollars en 2019. Justement, il faut réduire la production de près d’un million de barils/jour, afin que le marché international retrouve son équilibre offre-demande et gagne en stabilité. La décision de réduction de l’offre doit inclure la Russie. Compte tenu des pressions sur l’Arabie Saoudite, et les sanctions américaines à l’encontre de la Russie, les prochains jours nous diront si ces deux pays auront la détermination et la volonté de défendre leurs intérêts économiques, et éviter par voie de conséquence une dégringolade des prix du pétrole.
Le président américain Donald Trump a remercié ce mercredi l’Arabie Saoudite pour la baisse des prix du pétrole à travers un tweet.
“Les prix du pétrole baissent. Génial !”, s’est félicité sur Twitter . “54 dollars, c’était 82 dollars avant. Merci à l’Arabie saoudite, mais allons encore plus bas”, a-t-il poursuivi.