Macron a reconnu que la France coloniale avait torturé Maurice Audin et Oublié Larbi Ben M’hidi : La supercherie de la mémoire

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La reconnaissance de la pratique de torture par la France officielle durant la guerre de libération en Algérie, 56 ans après le recouvrement de l’indépendance de l’Algérie, à travers Maurice Audin, 62 ans après son exécution, sonne l’odeur nauséabonde d’un jeu malsain d’une politique de mémoire initiée par l’actuel locataire du Palais de l’Elysée. D’ailleurs, il est injuste d’accepter cette reconnaissance d’exercice de torture par l’armée coloniale sans évoquer les noms de nos valeureux martyrs, en la personne des martyrs Larbi Ben M’hidi, Ahmed Zabana, ou Zeddour Brahim Belkacem.
Sur ce registre, il serait naïf d’attendre un beau cadeau de la France aux Algériens par le simple fait qu’il ait fait une fleur à Josette Audin qui est d’abord et avant tout une citoyenne française.
La France de Macron la mémoire sélective, focalisant sur Maurice Audin, français de nationalité malgré son engagement pour la révolution algérienne et malgré qu’il soit toujours porté dans le cœur des algériens patriotiques qui le considèrent toujours un martyr à l’instar de nos valeureux martyrs qui se sont sacrifiés pour que l’Algérie se débarrasse du joug du colonialisme.
Emmanuel Macron joue l’effet d’annonce destiné à la consommation interne, aidé, il faut bien le préciser par des médias acquis au néocolonialisme, sachant qu’il n’est pas exclu que le locataire du Palais de l’Elysée fasse un geste en direction des harkis, dans le but de couper l’herbe sous les pieds des défenseurs de la cause du « Paradis Perdu », dont la droite et le Front National, au nom de l’équilibrisme de la mémoire . D’ailleurs ,des informations publiées par Le Figaro avance que Macron avait chargé la secrétaire d’État Geneviève Darrieussecq de faire des annonces sur la reconnaissance mémorielle des harkis et leur système d’indemnisation.
«Si je suis élu, je prendrai mes responsabilités mémorielles pour que chacune des parties ayant vécu la guerre soit rétablie dans sa dignité», avait-il confié au journal Le Figaro dans un entretien lors de l’entre-deux-tours de la présidentielle. Le journal rapporte même que le dossier de la réhabilitation des harkis qui était dans les cartons depuis «plusieurs mois» est désormais sur la table. Le président français compte investir dans le parcours du militant martyr Maurice Audin, pour s’offrir l’image d’un Chef d’Etat français, ayant réussi là ou ses prédécesseurs avaient échoué. Mais cela ne peut en aucun duper les algériens, qui n’accepteront jamais une action qui ne comporte pas le repentance, des excuses au peuple algériens, indemnisations des victimes de la barbarie coloniale et la dépollution des sites touchés par les essais nucléaires. Le recours à certaines plumes comme benjamin Stora, ou le recours à une large médiatisation d’une certaine « élite » algérienne, francophile et néocolonisée , pour convaincre les algériens d’accepter un marché de sale besogne, qui ne tiendra pas compte des sacrifices d’un peuple durant 132 ans d’atrocités et barbaries, ne servira qu’à ouvrir les plaies du passé douloureux et cautionnera davantage la méfiance entre les deux pays
Le candidat qui avait décrété en 2017 que la colonisation française en Algérie était un «crime contre l’humanité» devra tenir promesse et ne plus jouer avec un peuple qui ne trahira jamais ses glorieux martyrs et ses valeureux combattants pour la liberté pour un simple effet d’annonce d’un homme politique qui ne soucie que de son taux de popularité dans les sondages des médias de l’hexagone. La girouette des lobbys du néocolonialisme ne pourra jamais duper les algériens, à l’instar de ses prédécesseurs, comme Sarkozy, Hollande, où même Chirac, qui nous assènera une estocade moins d’une année après sa visite d’Etat en Algérie, avec cette loi glorifiant la colonisation, adoptée par l’Assemblée Nationale française en 2004.
M.Mehdi