Mohamed Laagab décortique la portée de la tenue de l’élection présidentielle avant la fin de 2019

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Selon le professeur et politologue algérien Mohamed Laagab, l’appel du Chef d’état-major de l’ANP, pour la convocation du corps électoral, confirme la fidélité de l’institution militaire à accompagner le Hirak, dans la satisfaction de ses revendications. Selon lui l’urgence de la tenue d’une élection présidentielle, dans les délais constitutionnels fermera la porte aux aventuriers de la transition et évitera au pays les menaces de l’instabilité politique et socioéconomique.
Pour en savoir plus, AlgérieTouteHeure interrogera Mohamed Laagab sur les retombées de cet appel.
AlgérieTouteHeure : Quelle est votre lecture de la proposition du Chef d’état-major de l’ANP, de convoquer le corps électoral, pour le 15 septembre prochain ?
Mohamed Laagab : Cette proposition est une preuve de la fidélité de l’ANP, à tenir ses engagement pour la satisfaction des revendications du Hirak, pris depuis février dernier, dont l’urgence pour la tenue d’une présidentielle dans les plus brefs délais.

ATH : Pourquoi, le 15 septembre ?
Mohamed Laagab : déterminer cette date, c’est s’accrocher au respect aux délais constitutionnels. La Constitution et la Loi électorale stipulent la convocation 90 jours avant la tenue des élections. La Loi électorale dans son article 140, note que le dépôt des dossiers des candidatures, ainsi que la collecte des signatures nécessitent 45 jours, après la convocation du corps électoral, se feront auprès du Conseil Constitutionnel, ou l’autorité chargée de l’organisation et le contrôle du scrutin, constituée incessamment, puis 10 jours pour l’étude des dossiers de candidatures, et 25 jours pour la campagne électorale, pour arriver à la date du 12 décembre, vraisemblablement date du premier tour du scrutin, avant un probable second tour qui serait fixé au 26 décembre, pour en sortir avec un nouveau président librement élu, à l’occasion du nouvel an , pour éviter au pays la pérennisation de la période de transition.
ATH : Vous ne croyez pas, que c’est une ingérence de l’institution militaire dans l’exercice de l’activité politique ?
Mohamed Laagab : Jamais, celui qui a bien écouté l’allocution du Chef d’état-major de l’ANP, et celui qui a attentivement lu le texte de l’allocution, aperçoit que Gaid Salah avait utilisé la phrase »nous constatons qu’il est opportun de convoquer le corps électoral le 15 septembre en cours », cette phrase est identique avec la vision de la quasi-totalité des algériens
ATH : Et qu’en est-t-il de l’action du panel de la médiation et du dialogue ?nom de la bande diront que le Chef d’état-major se substitue au panel dirigé par Karim Younes. L’insistance de l’institution militaire à aller en urgence vers une élection présidentielle, témoigne sa conviction des menaces qui guettent l’Algérie si le statuquo et l’impasse persistent

ATH : Certains croient que le temps est trop court pour amender la loi électorale ?
Mohamed Laagab : certainement le temps est court, mais le panel doit activer rapidement pour présenter au Chef de l’Etat les propositions pour amender la Loi électorale, pour être présentés devant les deux chambres du parlement pour adoption.
ATH :est-ce logique, d’examiner 225 articles contenus dans la loi électorale amendée en 2016 ?
Mohamed Laagab : J’ai signalé dans un précédent entretien, que l’étude et l’examen des 225 articles, d’une manière minutieuse, tardera l’échéance présidentielle jusqu’à 2030. Je propose de remplacer le comité de surveillance des élections par le panel de médiation et du dialogue, et aussi d’amender l’article 142, pour alléger le fardeau le nombre des signatures exigées, pour permettre à un bon nombre de candidats de se présenter, comme c’est le cas avec notre voisin de la Tunisie et ses 26 candidats pour la présidentielle du 15 septembre prochain.
ATH : Est-ce logique d’amender la Loi électorale sans amender la Constitution ?
Mohamed Laagab : On ne doit pas toucher à l’actuelle Constitution, et se contenter d’amender quelques articles de l’actuelle Loi électorale, jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la république.
ATH :Le Chef d’état-major de l’ANP, a évoqué plusieurs points dans son allocution, dont les acolytes de la bande qui travaillent pour la pérennisation de la crise ?
Mohamed Laagab :Depuis le 10ème vendredi du Hirak, les acolytes de la bande, jouent un rôle important dans le pourrissement de la situation, à travers un contre-courant pour bloquer toute initiative allant dans le sens de l’organisation d’une élection présidentielle, le dénigrement de toute personne qui s’oppose à la période de transition et la Constituante, la menace de la désobéissance civile, les appels à la libération des membres de la bande qu’ils qualifient faussement de détenus de l’opinion,et les tentatives d’impliquer l’institution militaire dans le bourbier politique, conformément aux directives des officines étrangères hostiles à l’Algérie et son ANP

ATH : Le Chef d’état-major de l’ANP a menacé de dévoiler les partis qui complotent contre la Nation et le peuple ?
Mohamed Laagab : La sortie du Chef d’état –major est basée sur des informations sures, dont on ne peut pas avoir accès, mais, ce qui est évident, c’est que certaines formations politiques inféodées à certaines idéologies, seraient impliquées dans la mise en œuvre de certains agendas d’officines étrangères hostiles à l’Algérie