Prélèvement d’organes sur mort encéphalique: un nouvel élan pour l’avenir

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Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Miraoui, a affirmé, lundi à Alger, que la réussite des équipes médicales à prélever des organes sur un mort encéphalique donnerait « un nouvel élan » pour le futur.

Lors d’une conférence animée par un staff médicale relevant de plusieurs établissements hospitaliers civils et militaires ayant réussi une première transplantation (deux reins et un foie), prélevés sur un mort encéphalique, M. Miraoui s’est félicité de cet exploit « premier du genre en Algérie », exhortant le corps médical et paramédical assurant ces interventions à poursuivre leurs efforts pour sauver des vies.

Rappelant que trois (3) malades, en liste d’attente des CHU de Batna, de Nafissa Hamoud (ex-Parnet), et de l’hôpital militaire de Constantine avaient bénéficié d’organes prélevés, après consentement de la famille, sur un jeune de 23 ans en mort encéphalique suite à un accident de la route, le ministre a salué cet acte de charité, qu’il a qualifié de « modèle de solidarité et de don de soi pour sauver des vies ».

Valorisant les efforts des équipes médicales et la contribution de l’Institut Pasteur pour la réalisation de cette intervention en 48h, M. Miraoui a appelé l’ensemble des établissements hospitaliers agréés par l’Agence nationale de greffe (ANG) à la coordination pour concrétiser davantage d’opérations de ce type.
De son côté, le président du Conseil scientifique de l’ANG, Pr Tahar Rayane, a indiqué dans ce sens que les établissements hospitaliers, qui prennent en charge les patients nécessitant une greffe, espèrent 5.000 dons pour résoudre définitivement le problème de greffe rénale en Algérie.

A ce propos, il a précisé que la liste d’attente de greffe d’organes « était en augmentation constante en l’absence de donneurs en dehors du cercle familial, plaidant pour « l’encouragement du prélèvement d’organes sur cadavres ou morts encéphaliques ».

Pour sa part, le chef du service de réanimation médicale au CHU Constantine, le Pr. Omar Boudehane a mis en valeur le rôle de l’ANG dans la coordination entre les équipes médicales, ce qui a permis d’effectuer les interventions au niveau de trois établissements en un temps record.

Abondant dans le même sens, le chef du service d’anesthésie-réanimation à l’hôpital de à l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) de chirurgie cardiaque (où a été réalisée la transplantation du rein prélevé sur le jeune en mort encéphalique à Constantine à un malade à Parnet) a préconisé le prélèvement des organes sur les personnes décédées dans des accidents de la route, qui font annuellement près de 5.000 victimes.

Le médecin chef du service de chirurgie vasculaire à l’EHS Mohand Maouche Amokrane, le Pr. Hamid Kanoun a rappelé que 270 greffes rénales ont été réalisées en 2018 au niveau de cet établissement, qui est prêt, a-t-il assuré, à effectuer davantage d’interventions pour peu que les donneurs soient disponibles.

Dans le même contexte, le directeur de l’ANG, Mohamed Bourahla a indiqué que l’Agence s’employait à « réunir tous les moyens et les conditions nécessaires pour garantir, aux établissements hospitaliers civiles et militaires agréés, la réussite de telles interventions.