Présidentielles 2019 :Le Président Bouteflika serait candidat et Ouyahia remplacé

668

A trois mois de la tenue des élections présidentielles, prévues conformément selon la Constitution le 18 avril 2019, aucun consensus n’est dégagé au sujet du candidat représentant cette option, et le retour à une nouvelle candidature du Président Bouteflika pour un cinquième mandat, refait surface avec insistance, après que certains milieux politiques véhiculaient l’option d’une prolongation de deux années de l’actuel mandat présidentiel.
Des sources de l’intérieur du FLN dont le Bouteflika est président, et du parti TAJ d’Amar Ghoul, évoquent que la choix s’est porté sur une nouvelle candidature du Président Bouteflika, et qui devrait convoquer le corps électoral officiellement, soit le 18 soit le 25 janvier 2019, annonçant par voie de conséquence le début de l’opération électorale et la fameuse opération de collecte de 600 signatures d’élus locaux au niveau d’au moins 25 wilayas, ou bien 60000 signatures de citoyens de 25 wilayas. Cette option devrait enterrer cette option qui circulait il y a si peu de temps et qui évoque une prolongation de deux années du quatrième mandat du président Bouteflika et la tenue d’une conférence nationale appelée, conférence du consensus et qui devrait recommander les grandes lignes du devenir politique du pays. Cette dernière aurait été écartée dans le foule du bras de fer opposant Amar Ghoul à Abderrazek Makri, du MSP qui revendiquait le lancement de l’initiative, sachant que la prolongation de l’actuel mandat nécessite un processus complexe, à commencer par un amendement constitutionnel, la tenue de plénière des deux chambres du parlement et la publication tardive des résultats des sénatoriales de la Chambre Haute du parlement, du 29 décembre 2018,voire l’annulation et le reprogrammations de nouvelles élections pour ce jeudi dans la wilaya de Tlemcen. Il convient de souligner que l’idée d’un amendement constitutionnel et la création d’un poste de vice-président, largement abordés par les médias, n’a pas fait l’unanimité au sein des hauts cercles de l’Etat, notamment l’option de désignation d’Ahmed Ouyahia, comme dauphin au président Bouteflika. Les arguments évoqués d’écarter cette option révèlent que dans la mesure où le Président Bouteflika est apte à se présenter une nouvelle fois à la prochaine échéance électorale, pourquoi on s’aventure à créer des tensions non calculées au sommet de l’Etat. Les mêmes arguments feront savoir que la réélection du président Bouteflika permettra d’organiser une conférence nationale de consensus sur le devenir politique du pays, regroupant les partis politiques, associations, syndicats, personnalités nationales, journalistes et des académiciens, et devrait sortir aussi par un plan de développement socioéconomique à long terme. Cette même conférence nationale devra annoncer la tenue d’une élection présidentielle anticipée, permettant au président Bouteflika de sortir par la grande porte en hommage à ses efforts inlassables pour faire sortir le pays de sa crise sécuritaire, politique et socioéconomique. Cette option devrait éviter l’ingérence de l’institution militaire dans les affaires politiques et mettra fin aux appels et sollicitations de certains partis et personnalités politiques au MDN, pour intervenir dans la vie politique du pays, comme ce fut le cas dernièrement avec AbderrazekMakri du MSP, et le général à la retraite Ali Ghediri qui tentait de barre la route au président Bouteflika pour se présenter pour un nouveau mandat. Des appels qui font réagir violemment l’institution militaire qui réitéra sa position de non-ingérence dans la vie politique et sa sacralisation de sa mission constitutionnelle consistant à préserver l’unité du pays et la sécurisation des frontières. Le MDN insistait sur le respect de l’obligation de réserve pour les militaires retraités. Le dernier communiqué du MDN signifie une fin de non -recevoir des partisans du Général Toufik (Mohamed Mediene) et une victoire pour le président Bouteflika, et aussi pour un cinquième mandat au grand dam de ceux qui l’appelaient à intervenir comme le PT de Louisa Hanoune, le RCD ou le MSP d’AbderrazekMakri, et qui estimaient débilement que ce communiqué est une interférence dans la vie politique. Ceci dit, la position du MDN est une victoire pour le politique et l’Etat civil. Par ailleurs, il faut souligner que des sources concordantes annoncent la fin imminente d’Ahmed Ouyahia comme Premier ministre, et la nomination d’un nouveau Chef de l’Exécutif qui aura à la charge l’organisation de la prochaine élection présidentielle. Plusieurs indicateurs renforcent cette thèse, c’est à dire le limogeage d’Ouyahia signifie que les partisans du président Bouteflika viennent de remporter une victoire face à ceux qui voulaient l’introniser comme son successeur. La défaite du parti d’Ahmed Ouyahia aux dernières sénatoriales, avec seulement 10 sièges pour 31 au FLN, sonne le glas pour ses ambitions présidentielles et l’annulation des sénatoriales de la wilaya de Tlemcen confirme cette approche, sachant que c’est la première fois depuis 20 ans qu’Ouyahia échoue dans les élections des membres du Conseil de la Nation au profit de son rival de toujours le FLN.
Dans le même cadre, certains analystes et politiques nationaux qualifient Ouyahia de candidat de la France, appuyés par ses déclarations faites lors de sa visite à Paris, au sujet des martyrs de la glorieuse révolution du premier novembre, du retour des Pieds Noirs et harkis en Algérie, en plus de son impopularité, sachant que le dernier communiqué du MDN le ciblait aussi compte tenu de son appartenance au cercle des anciens militaires visés par le même communiqué. Pour ces mêmes analystes, le départ d’Ouyahia, après celui d’Ould Abbes, aura un impact d’apaisement et de satisfaction sur la scène populaire. Dans le même cadre, il faut signaler que parallèlement aux informations annonçant un départ imminent d’Ouyahia, des médias le défendant, argumentent son maintien par des agendas et l’examen de certains dossiers.

Mohamed Laagab