Projet de loi sur les hydrocarbures, Anadarko et Total : Les vérités de l’expert Legheliel

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Le projet de loi sur les hydrocarbures fait l’objet depuis quelques jours d’une véritable polémique suscitée par l’annonce de l’examen du projet de cette loi, durant cette conjoncture de crise politique que traverse le pays, depuis le début du Hirak, et précédant la présidentielle du 12 décembre prochain. D’une part, le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, loue les retombées économiques du pays concernant le nouveau projet de loi sur les hydrocarbures qui visait selon lui l’augmentation et le renouvellement de la réserve nationale en produits énergétiques et la satisfaction de la demande interne, en croissance d’année en année. Le ministre ,relèvera même qu’une étude entamée en 2017, par une commission élargie, composée par des experts et plusieurs compétences nationales et présidée par le ministre du secteur, a élaboré la mouture de cette loi qui se caractérise par une flexibilité permettant d’attirer des compagnies étrangères maitrisant les technologies en la matière et ayant les ressources financières suffisantes pour investir en Algérie en partenariat avec Sonatrach.
D’autre part, des voix s’élèvent pour dénoncer le bradage des richesses énergétiques du pays, et les dernières déclarations du ministre de l’Energie, concernant des concertations établies avec des grandes entreprises énergétiques internationales, pour élaborer la mouture de cette nouvelle loi n’ont pas dissipé les zones d’ombre, mais ont encore renforcé les inquiétudes.
Pour en savoir plus et éclairer l’opinion publique, AlgérieTouteHeure prendra contact, avec l’expert algérien Noureddine Legheliel, établi en Suède , analyste boursier ayant travaillé chez Carnegie , et spécialiste des questions énergétiques.
Connu pour ses analyses objectives et ses exactitudes de ses prévisions, Noureddine Legheliel, estime que la polémique sur la nouvelle loi des hydrocarbures, et la campagne menée á tambour battant par certains médias lourds, relayés par la presse en ligne et les réseaux sociaux, a une connotation politicienne , comme l’indiquent ces slogans avec toutes les couleurs du drame et de la désolation.  » ils ont bradé nos richesses  » , » Ils vont vendre le Sahara aux américains et aux français  » ,  » Nous allons acheter notre essence et diesel chez Total « .
Nouredine Legheliel dénonce l’opacité et l´absence de débat autour de cette question dont a fait preuve le gouvernement algérien, ce qui a facilité l’émergence de telles spéculations. selon, l’expert algérien, la vérité est ailleurs, l’éphémère gouvernement actuel aurait tout simplement expliqué aux citoyens algériens de quoi il s’agit. « À travers des recherches que nous avons effectué sur cette question, nous nous permettront de dire en toute modestie que cette campagne contre la nouvelle loi des hydrocarbures ne tient pas de route « dira Nourdine Legheliel.
Ce dernier soutient que ce qu’a été publié sur certains titres de presse et avancé par des médias lourds, n’est pas objectif.
« Si l’on se réfère aux slogans des medias qui disent que le gouvernement actuel vient de brader les richesses du Sahara algérien en pétrole et en gaz aux compagnies pétrolières américaines et françaises, on aurait vite constater que les titres boursiers des Compagnies pétrolières comme Exxon Mobil , Chevron et Total partir dans des hausses euphoriques , mais Hélas , non seulement les actions cotées en bourse de ces trois entreprises citées n’ont pas connu de hausse mais au contraire elles ont chuté , voici quelques cotations : l’ action de Exxon : 72,30 dollars le 23 Septembre . 67,37 dollars le 9 octobre,l’ action de Chevron : 124,88 dollars le 23 Septembre . 113,14 dollars le 9 Octobre .L ´action de Total : 53,90 dollars le 23 Septembre . 49.09 dollars le 9 Octobre , relève Nouredine Legheliel , relevant que ces cotations viennent démentir et tourner au ridicule les slogans des médias algériens .
Pour ce qui est de l’exploitation et l’exploration du gaz de schiste, dans le Sud algérien, devenue une affaire politico-politicienne, utilisée par certains acteurs et partis politiques pour des dividendes partisanes, Nouredine Legheliel, note que les américains restent toujours les maîtres de la technologie des exploitations des gaz et pétrole de Schiste dans le monde ; Même la compagnie pétrolière française Total n’ échappe pas á la domination américaine dans ce domaine.
« Donc si l’Algérie classée troisième réserve des gaz de schiste au monde, décide d’explorer et exploiter son gaz de Schiste, sera obligée de se tourner vers les américains comme tous les autres pays’ » ajoute-t-il.
Pour l’expert algérien, il est dans l’intérêt de l’Algérie, de solliciter les compagnies pétrolières américaines spécialisées et expertes uniquement dans le gaz et le pétrole de schiste Comme Chesapeake energy , ces compagnies offrent un coût moins élevé pour l’exploration des gaz de schistes que leurs concurrents les 5 majors du pétrole . La question sur la rentabilité de l’activité des gaz de Schistes en Algérie est á mon avis la plus importante, insiste Nouredine Legheliel.
Évoquant la polémique suscitée par l’affaire de cession des actifs d’Anadarko en Algerie, au profit de Total, Nouredine Legheliel affirme que depuis le Mois de Novembre 2018 , Anadarko avait clairement affiché ces intentions de vendre ces actifs africains y compris ses actifs en Algérie .
Pour être clair et explicite, il dira » au mois d’ avril 2019 , s´est déclenchée une bataille d’ offres entre les deux compagnies pétrolières américaines Chevron et Occidental pour le rachat de tout le groupe Anadarko , profitant de cette situation et poussée par des motifs politiques , stratégiques et mercantiles la compagnie pétrolière française Total lance une offre alléchante de 8,7 milliards de dollars pour le rachat de tous les actifs de Anadarko en Afrique .
Pendant tout ce temps les gouvernements algériens ( l’ ancien et l’actuel ) n’ avaient pas bougé le petit doigt pour manifester son accord ou son désaccord sur cette affaire des actifs d’ Anadarko en Algérie . et ce n’ est qu’une fois que cette affaire était clôturée avec l’accord final conclu entre Anadarko et Total , que notre ministre de l’Energie s’est réveillé pour prononcer quelques mots contre cet accord .