Relance du gazoduc algéro-nigérian : Le Makhzen sous le choc

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La dernière visite du ministre algérien des affaires étrangères Abdelkader Messahel a remis sur rail, l’axe Alger-Abuja, et relancé l’ambitieux projet du gazoduc algéro-nigérian qui permet aux deux pays d’approvisionner l’Europe en gaz. La visite du Chef de la diplomatie algérienne mettra ainsi, fin aux tentatives marocaines, de faire échouer ce projet, pour le remplacer par un autre projet reliant le Nigéria au Maroc, via la Gambie, dont le coût serait élevé par rapport au gazoduc algéro-nigérian.
Le Maroc a tenté de minimiser l’échec qu’il a subi, après la relance du projet algéro-nigérian, suite à la réaction de son ministre de l’Energie, Aziz Rebbah, qui fera savoir devant les parlementaires marocains « Nous n’envions pas les Algériens et nous souhaitons qu’ils aient reçu le message. Tout le monde est gagnant des projets énergétiques en Afrique qui se caractérisent par leurs cachets régionaux et non plus nationaux ».
Pour lui, l’accord entre Alger et Abuja « remet pas en cause le projet du gazoduc maroco-nigérian ». Un projet dont la signature date de décembre 2016 lors d’une visite du roi Mohammed VI au Nigéria. Mais, la réalité est toute autre, la relance du projet de construction du gazoduc transsaharien, signifie que l’axe Alger-Abuja est de nouveau d’actualité, notamment avec la mise en service de la Transsaharienne reliant Alger à Abuja via le Niger.
Les deux importants projets, s’ajoutant à la concrétisation du port Cap Djinet, permettront à l’Algérie de devenir la première porte de l’Afrique, affaiblissant au passage l’hégémonie de la France et sa girouette marocaine