Syrie : l’armée accumule les victoires sur le terrain, retour progressif des réfugiés

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L’armée syrienne poursuit sa progression dans le désert de Soueidaa face au groupe terroriste autoproclamé État islamique (EI/Daech), accumulant les victoires sur le terrain et permettant aux réfugies syriens de retourner progressivement dans leurs villages, parallèlement aux efforts diplomatiques en vue d’un règlement politique de la crise.

Les forces gouvernementales syriennes ont continué mardi à progresser face Daech dans le gouvernorat méridional de Soueïda, où se trouvent les derniers bastions terroristes dans le sud de la Syrie resserrant l’etau sur eux. Les combats font ainsi rage dans les régions désertiques de l’est et du nord-est de Soueïda, où les forces syriennes tentent d’éliminer les derniers éléments de Daech, indique l’agence de presse SANA. L’armée a ainsi réalisé une progression sur l’axe nord-est au fond du désert de Soueidaa et libéré Marqeb Qebian, Hawiet Ghssein, Kassira et Tal Abou Ghanem au nord et au nord-ouest des collines de Safaa, après de violents accrochages avec les terroristes de Daech, selon l’agence.

La situation dans la région de Soueïda s’est aggravée, le 25 juillet dernier, lorsque des terroristes avaient lancé des attaques et des attentats contre plusieurs villes de l’est de la province. Ils ont commis plusieurs attentats-suicide à l’intérieur de la ville de Soueïda qui avaient fait 225 morts, le bilan le plus lourd à Soueïda depuis le début de la crise syrienne en 2011. Avec l’aide de l’armée, les habitants de Soueïda ont réussi à repousser les terroristes, mais ces derniers ont kidnappé une trentaine de personnes durant les combats, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Les forces syriennes ont lancé une vaste offensive dans les zones désertiques qui s’étendent à l’est de Soueïda dans l’espoir de libérer les otages pris par les terroristes. Selon des sources syriennes, des négociations sont en cours pour obtenir la libération de ces personnes, en échange d’un droit de passage pour des dizaines de terroristes encore bloqués dans l’opération de Deraa, près de Soueïda.

Retour progressif des réfugiés syriens dans leur pays

Depuis que le gouvernement syrien a enchaîné les victoires face aux groupes rebelles et terroristes et a repris le contrôle de vastes régions du pays, les refugiés syriens poursuivent leur retour dans leur pays. Des dizaines de réfugiés syriens établis au Liban sont ainsi rentrés lundi en Syrie, dans le cadre d’un nouveau départ coordonné par les autorités libanaises et syriennes. Plusieurs retours organisés ont eu lieu ces derniers mois entre les deux pays voisins. Dans un communiqué, la Sûreté générale libanaise a souligné qu’il s’agissait d’une nouvelle vague de « retours volontaires » concernant 137 Syriens.

Côté syrien, l’agence Sana a confirmé les premières arrivées, précisant que les réfugiés devaient à terme rejoindre les environs de Damas. Depuis avril, plus de 2.000 Syriens ont rejoint leur pays par le biais de ces départs organisés, selon un décompte de l’AFP. Au total d’après le HCR, 13.000 réfugiés sont retournés en Syrie durant les six premiers mois de 2018. Le Liban accueille sur son sol 1,5 million de réfugiés – soit près du tiers de sa population -, dont moins d’un million inscrits auprès du HCR.

Le mois dernier, Moscou avait appelé la communauté internationale à aider au retour des réfugiés syriens dans leur pays. Dans ce contexte, Beyrouth a annoncé le 6 août la création de centres chargés d’enregistrer les demandes de Syriens souhaitant retourner chez eux. La Syrie a également dévoilé la création d’un comité chargé d’organiser le retour de millions de réfugiés.

Près de 35.000 candidats pour les premières élections locales depuis 2011

Dans ce contexte, les autorités syriennes ont validé la candidature de près de 35.000 prétendants pour les premières élections locales en Syrie depuis 2011, prévues le 16 septembre prochain. « Les comités chargés des candidats ont validé 34.553 candidatures parmi 55.164 postulants, qui se disputeront 18.478 sièges » contre 17.000 sièges lors des dernières élections, a indiqué récement le président de la Haute commission pour les élections, Sleiman al-Qaëd. « Un grand nombre des villages se sont transformés en municipalités, d’où l’augmentation du nombre de sièges (au sein des conseils locaux) » et par conséquent du nombre de candidats, a-t-il expliqué.

Aucune candidature n’a, en revanche, été soumise dans certaines provinces comme Deir Ezzor (est), Hassaké (nord-est) et Deraa (sud). Le pays a organisé des élections législatives en 2016, tandis que le dernier scrutin présidentiel remonte à 2014, à l’issue duquel le président syrien Bachar al-Assad a été reconduit pour un nouveau mandat de sept ans. Les prochains conseils locaux qui seront élus le 16 septembre auront des responsabilités accrues, a fait savoir le secrétaire général du conseil provincial de Damas, Bachar al-Haffar. Le président al Assad a déclaré le mois dernier que la « reconstruction » de la Syrie constituait désormais sa principale priorité.

Préparatifs d’un sommet quadripartie sur la Syrie

Au plan diplomatique, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov entreprend un voyage à Ankara en Turquie pour évoquer les préparatifs d’un prochain sommet quadripartite sur la Syrie. « En vue d’un prochain sommet sur la Syrie impliquant la Russie, la Turquie, l’Allemagne et la France, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov devra se rendre à Ankara pour en évoquer les préparatifs », indique l’agence Sputnik. Lors de sa visite à Ankara, le chef de la diplomatie russe rencontrera son homologue turc Mevlut Cavusoglu et les deux ministres examineront le cours des préparatifs du prochain sommet des présidents russe, turc, français et la chancelière allemande sur le règlement du conflit syrien.

Le sommet quadripartite aura lieu en Turquie, a ajouté le communiqué. Sergueï Lavrov avait tenu récemment une réunion de coordination sur les conditions d’organisation de cet évènement avec des représentants turcs auprès des organisations internationales.

« La partie russe part du fait que la Russie et la Turquie ont une responsabilité particulière dans la sauvegarde de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Syrie et dans l’ensemble de la région. »