Une moralisation de la vie politique, et non une chasse aux sorcières

270

Nous avons appris que 12 individus, qualifiés d’oligarques ont été interdits de sortie de territoire national, dans le cadre d’enquêtes préliminaires sur des affaires de corruption, blanchiment d’argent et transfert illégal des devises vers l’étranger.
Si les algériens sont unanimes pour dénoncer celles et ceux qui ont pillé les richesses du pays, il n’en demeure que ces opérations que le vent de changement impose comme des opérations indispensables pour la moralisation de la vie politique et non d’opérations de maquillage et de lifting servant la chasse aux sorcières, comme c’était le cas dans le passé avec les fameuses opérations « Mains Propres » de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, et qui ont emprisonné des cadres « innocents » ayant refusé le diktat des lobbys qui ont pris en otage l’économie algérienne.
La moralisation de la vie politique ne doit pas se limiter aux dernières vingt années, comme le souhaitent certains, mais toucher aussi la période de la décennie noire et les fortunes engrangées par les Lords de guerre, à travers les opérations import-import, ayant également causé des dégâts collatéraux pour l’économie algérienne. Les enquêtes doivent aller au fond des scandales du Partenariat- Public-Privé PPP, les détournements des deniers et biens publics, le foncier agricole, l’investissement dans le boulonnage appelé « fabrication automobile », les biens fictifs hypothéqués par des prédateurs devenus opérateurs économiques, les projets fictifs d’investissement, les biens d’Etat, ou biens vacants des pieds-noirs, que certains prédateurs ont pris, grâce à la complaisance de l’administration et la justice, pour jeter à la rue des milliers de familles algériennes.
La moralisation de la vie politique tant espérée ne devra pas être une poudre aux yeux comme ce fut le cas avec le scandale Khalifa, mais ratisser large à tous les niveaux et secteurs, dont ceux de la justice et des médias. Sur ce registre, beaucoup de critiques touchent les politiques et épargnent relativement les structures de contrôle , la justice, les organismes financiers et la presse, dont certains patrons se sont enrichis grâce à leur complaisance avec les oligarques. Le vent du changement arrive pour moraliser la vie politique du pays pour en finir avec la démocratisation de la corruption des passe-droits, le népotisme, le clientélisme , l’incompétence et la médiocrité. A bon entendeur !