USA: Nikki Haley démissionne

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L’ambassadeur américain à l’ONU Nikki Haley a quitté ses fonctions, après avoir porté haut et fort les objectifs de la politique étrangère de Washington… et ses contradictions.
Ce 9 octobre, la représentante permanente américaine à l’ONU Nikki Haley a présenté sa démission à Donald Trump, qui l’a acceptée. D’après l’agence Reuters, Donald Trump devrait lui trouver un successeur dans les deux ou trois semaines à venir. La diplomate est-elle victime d’un burn out ? La Maison Blanche évoque pour sa part un timing qui aurait été convenu à l’avance, dès le début du mandat de Nikki Haley à l’ONU.
, la représentante permanente américaine à l’ONU Nikki Haley a présenté sa démission à Donald Trump, qui l’a acceptée. D’après l’agence Reuters, Donald Trump devrait lui trouver un successeur dans les deux ou trois semaines à venir. La diplomate est-elle victime d’un burn out ? La Maison Blanche évoque pour sa part un timing qui aurait été convenu à l’avance, dès le début du mandat de Nikki Haley à l’ONU.
Quoi qu’il en soit, l’ambassadrice a, depuis sa nomination le 23 novembre 2016, déployé une énergie considérable dans l’enceinte onusienne, notamment pour attaquer le gouvernement de Damas, la Russie ou encore quelque pays d’Amérique latine coupable de ne pas se conformer aux exigences de la diplomatie américaine. Après presque deux ans de mandat, Nikki Haley a porté le fer en de nombreuses occasions, souvent de façon mémorable.
Nikki Haley, détractrice du gouvernement syrien
La pugnace représentante permanente n’a eu de cesse de dénoncer le président syrien Bachar el-Assad. C’est elle qui a porté dans l’enceinte de l’ONU les accusations répétées de Washington contre le gouvernement de Damas, notamment en matière d’utilisation présumée d’armes chimiques.
En avril 2017, Nikki Haley n’avait pas hésité à brandir des photos d’enfants présentés comme des victimes d’une attaque chimique qu’elle avait attribuée aux autorités syriennes. De façon générale, sur le dossier syrien, Nikki Haley a su tout à la fois relayer les tergiversations de Donald Trump, mais aussi les vues du Pentagone, plus belliqueuses et néo-conservatrices que celles parfois affichées par le président américain.
Les Russes ne sont pas «nos amis»
Sur la question des relations russo-américaines, Nikki Haley s’est en revanche plus conformée aux analyses du département d’Etat américain, qu’au vœu de Donald Trump d’apaisement entre les deux pays. Nikki Haley a-t-elle voulu compromettre un rapprochement entre Moscou et Washington ?
Le 22 juillet dernier, les mots de la diplomate tranchaient sèchement avec le discours ambivalent de Donald Trump à l’égard de la Russie. «Nous ne faisons pas confiance à la Russie, nous ne faisons pas confiance à Poutine, jamais», a-t-elle lancé lors d’une interview diffusée par le réseau de télévision chrétien américain CBN. «Ils [les Russes] ne seront jamais nos amis. C’est simplement un fait», avait-elle martelé.
Retrait des Etats-Unis du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et soutien inconditionnel à Israël
Nikki Haley a également assuré des missions difficiles, accompagnant des décisions de nature à écorner l’image internationale des Etats-Unis. Après l’Unesco, la représentante permanente a eu pour tâche de justifier le retrait de Washington du Conseil des droits de l’homme des Nations unies en juillet 2018. A décision fracassante, la diplomate devait trouver des mots tout aussi fracassants. Nikki Haley avait ainsi qualifié l’institution chargée de défendre les droits de l’homme de «cloaque de partis pris» et d’«organisation hypocrite».
Dans son explication, Nikki Haley avait notamment accusé le Conseil d’entretenir une partialité systématique à l’encontre d’Israël. La représentante américaine a par ailleurs largement appuyé la politique pro-Israël de Donald Trump et le déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Le 2 juin, la diplomate opposait son veto à une résolution du Conseil de Sécurité appelant à protéger les Palestiniens.
Ce 9 octobre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a rendu hommage à Nikki Haley. «Je remercie l’ambassadeur Nikki Haley, qui a mené un combat sans compromis contre l’hypocrisie des Nations unies», a-t-il salué, cité par Reuters.
«Les Etats-Unis ne cherchent pas de changement de régime» : de l’humour ?
Malgré ses déclarations incendiaires à l’encontre tant de l’Iran que de la Corée du Nord, Nikki Haley déclarait en septembre très sérieusement : «Les Etats-Unis ne cherchent pas de changement de régime en Iran.» La diplomate avait même ajouté, selon CNN : «Nous ne voulons de changement de régime nulle part [dans le monde].»
Pourtant, on a ainsi vu Nikki Haley, dernière opération de communication en date, dans les rues de New York le 28 septembre, mégaphone à la main, venir appuyer quelques poignée d’opposants vénézuéliens rassemblés à proximité du siège des Nations unies lors de la dernière assemblée générale. «Nous allons nous battre pour le Venezuela et nous allons continuer jusqu’à ce que Maduro parte !», criait-elle alors avec conviction.