Vivre ensemble : de l’Emir Abdelkader au Président Bouteflika

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L’Algérie vient de célébrer le 19ème anniversaire de la promulgation de la Concorde civile, largement adoptée par le peuple algérien lors du référendum tenu le mois de septembre 1999 et qui ouvrira la voie à la mise en œuvre de la Charte de la Réconciliation Nationale et la Paix en 2005. Une charte qui devient une feuille de route universelle, dépassant largement les frontières de l’Algérie, ravagée par une décennie noire de son histoire, marquée par des dizaines de massacres, de haine et de destruction, étrangers aux valeurs ancestrales d’un peuple connu pour sa tolérance et cohabitation avec l’autre. La Réconciliation Nationale, a non seulement mis hors d’état de nuire tous les complots du chaos et de l’instrumentalisation, élaborés par les officines hostiles aux pays désireux de décider seuls de leurs sorts, mais jettera les jalons de la cohésion sociale, la solidarité, l’amélioration du cadre de vie, surtout la tolérance et le respect des valeurs des autres et par voie de conséquence, le respect des lois de la république autour de la constitution. D’ailleurs, personne ne peut nier que l’Algérie avait anticipé les malheurs du chaos « appelé » printemps arabe, bénéficiant des vertus de la réconciliation nationale et de l’expérience douloureuse de la décennie noire.
Et là, il faut bien rendre un vibrant hommage au Chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika d’avoir désamorcé la bombe du terrorisme, sous –produit des officines hostiles aux pays qui refusent le diktat de la soumission et de l’inquisition, comptant en premier lieu sur le génie et les sacrifices des algériens. Le recours à la concorde civile, puis à la Charte de la paix et la Réconciliation Nationale, largement adoptées par le peuple algérien, matérialise cette conviction du président Bouteflika d’œuvrer au rapprochement des cœurs des algériens loin des clivages, et de la surenchère politicienne, en vue d’édifier un Etat, ou chaque algérien vivra dans la dignité et la diversité culturelle autour des trois fondements de l’identité algérienne, Islam, arabité et amazighité.
En parallèle, le terrorisme doit être combattu par tous les moyens, en premier lieu son idéologie de haine, d’inquisition et d’effacement d’autrui. Sur ce registre, le président Bouteflika, nous déclara en 2003, sur les colonnes de l’Echo d’Oran « Le terrorisme doit être combattu par tous les moyens, je dis bien tous les moyens que la société peut mobiliser, car il se nourrit de la haine, de frustrations, de dogmatisme, d’ignorance…lorsque des clivages déchirent la communauté nationale et que le débat déserte le terrain des chantiers où se joue l’intérêt public et le devenir commun, aucune initiative ne doit être négligée pour colmater les brèches, soigner les blessures et mettre la société en situation de se ressaisir et de surmonter la crise. C’est pourquoi la réconciliation nationale est un moyen essentiel pour tarir les principales sources qui alimentent les divisions, favorisent les extrémismes et permettent au terrorisme d’éclore et de prospérer. Elle vise à rapprocher les cœurs et les esprits, à guérir les plaies béantes que la tragédie nationale a ouvertes dans le corps de la nation. Il n’y a donc aucune contradiction dans mes propos, car il ne s’agit pas uniquement de vaincre le terrorisme, ce qui est quasiment chose faite, il s’agit aussi de prévenir qu’il ne renaisse de ses cendres. Et cette gestion préventive est impensable, en dehors de la réconciliation nationale. Prôner le contraire, revient à suggérer aux algériens que le terrorisme est exclusivement une affaire de police et que les forces de l’ordre, traquant les terroristes, ils peuvent quant à eux continuer à s’entre-déchirer jusqu’à la fin du temps. C’est une logique qui ne semble pas pertinente. Je redis donc aux algériens, réconciliez-vous car vous n’avez pas de pays de rechange ».
Vivre ensemble, sur les pas de l’Emir Abdelkader fondateur de l’Etat algérien
La proclamation du 16 mai , journée internationale de « Vivre ensemble » par l’ONU, est une reconnaissance sans équivoque des efforts entrepris par notre pays en matière de promotion de la culture de la tolérance, défendu, il y a près de trois siècles, par le fondateur de l’Etat algérien, l’Emir Abdelkader, devenue grâce à sa vision humaniste, le premier personnage universel du 19ème siècle, encensé par ses pires ennemis . A l’occasion de la célébration de cette journée, le président Bouteflika avait adressé le 16 mai 2018, un message, plein de sens, incarnant une vision humaniste qui n’a rien à envier au message de l’Emir Abdelkader lorsqu’il s’agit de défendre l’être humain et la cohabitation »Au moment où le monde entier a célébré ce 16 Mai 2018, pour la première fois depuis la proclamation de ce jour  »Journée Internationale du vivre ensemble en paix », notre pays tire une légitime satisfaction d’avoir initié cette action qui s’inscrit dans la durée et vise à créer pour nos générations futures, et par elles-mêmes dans un avenir proche, un monde meilleur fondé sur la tolérance, le respect mutuel dans la différence, la diversité et la solidarité. Notre peuple devra préserver dans la promotion de la culture de la paix et du vivre ensemble en redoublant d’effort et de constance à l’intérieur de notre pays, de manière palpable, à travers la valorisation du civisme, du travail et de l’amour de la patrie. A travers un comportement digne, nous serons à même de défendre la véritable image de notre religion, l’Islam, et de notre patrie, sur la voie de la construction, de la prospérité et de la fidélité à nos glorieux martyrs  » avait souligné Bouteflika dans son message.
Le choix porté sur Cheikh Khaled Ben Tounés de l’Association Internationale Soufie Alawiyya, par l’Assemblée générale des Nations Unies qui avait proclamé le 8 décembre 2017 cette journée du vivre ensemble en paix, est un succès retentissant pour l’Algérie, matérialisant cette grande victoire sur le terrorisme international.
Cette proclamation traduit la reconnaissance, le succès de l’Algérie en faveur de la promotion de la culture de la paix, du dialogue, du respect mutuel et de la tolérance et l’engagement de notre peuple pour la promotion des valeurs universelles. Sur ce registre, il convient de préciser que le discernement du Prix de la paix 2018 de Fondation américaine BRAVE (OTB Fondation) au Président de la République Abdelaziz Bouteflika ; est une juste reconnaissance du parcours de l’homme d’Etat qui s’est investi dans la solution des crises les plus complexes de ce monde, en étalant toute sa classe de diplomate inné et d’homme visionnaire. Cette distinction, quoi qu’en dise ses détracteurs qui se confinent dans la critique politicienne sans envergure, est une reconnaissance internationale à un personnage important de l’histoire qui se souviendra longtemps de l’avènement de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale en vigueur depuis 2005 ayant permis à l’Algérie de retrouver ses valeurs ancestrales et qui puise sa source et sa force dans les commandements du Saint Coran et des hadiths ainsi que dans l’esprit même des lois régissant le pays et la société caractérisée par ses valeurs de générosité, de pardon et de mansuétudes.
Mehdi Messaoudi